Kabinda : la colère des commerçants secoue le marché central, l’Assemblée provinciale contrainte d’intervenir après un recouvrement des taxes qui vire à l’incident

Kabinda, Lomami. Une vive tension a régné mercredi 15 juillet 2026 au marché central de Kabinda après une opération de recouvrement des taxes qui a dégénéré en incident. La colère des commerçants et de nombreux habitants a rapidement pris de l’ampleur, poussant le Bureau de l’Assemblée provinciale de Lomami à se rendre sur place pour calmer les esprits et écouter les revendications de la population.

Selon plusieurs témoignages, un commerçant et son épouse auraient été victimes de violences au cours d’une mission de recouvrement conduite par le maire de Kabinda, Anne Marie Tshabu, à la suite d’un différend portant sur le paiement des taxes. L’interpellation du commerçant a suscité une vive indignation au sein du marché.

Quelques instants après les faits, des centaines de commerçants et de citoyens se sont rassemblés autour du marché central. Des cris de protestation ont retenti, plusieurs dénonçant des méthodes jugées brutales et humiliantes dans le recouvrement des taxes. La foule, très remontée, réclamait des explications et exigeait que les autorités provinciales prennent position.

Face à cette montée de la tension, le président ad intérim de l’Assemblée provinciale de Lomami, Hyppolite Kabangu Mbuila, accompagné du ministre provincial de l’Intérieur, Sylvain Kazadi, ainsi que des députés provinciaux Sidonie Ejiba Mpungue, Sébastien Kashimpo et Antoine Milanda Fuamba, s’est rendu en urgence au marché central.À leur arrivée, les autorités ont été accueillies par une population en colère, déterminée à dénoncer ce qu’elle considère comme des abus commis lors des opérations de recouvrement.

Les commerçants ont exprimé leur ras-le-bol face aux tracasseries administratives et ont demandé que les taxes soient perçues dans le respect des citoyens et des lois de la République.Après avoir écouté les différentes parties, Hyppolite Kabangu Mbuila a rappelé que le paiement des taxes demeure une obligation légale indispensable au développement de la province. Toutefois, il a fermement condamné toute forme de violence ou d’humiliation.

> « Nous ne sommes pas contre le paiement des impôts. Mais nous condamnons les tracasseries, les injures, les humiliations et les violences physiques exercées contre les citoyens », a déclaré le président ad intérim de l’Assemblée provinciale.Cette déclaration a été saluée par plusieurs commerçants, qui espèrent désormais que les autorités prendront des mesures pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent.

Le commerçant blessé ainsi que son épouse ont été admis à l’Hôpital général de référence de Kabinda pour recevoir des soins.Cet incident relance le débat sur les méthodes de mobilisation des recettes publiques en province. Si la population reconnaît l’importance des taxes pour financer les infrastructures et les services publics, elle estime que leur perception doit impérativement se faire dans le respect de la dignité humaine, des droits des contribuables et des principes de l’État de droit.

La forte mobilisation observée au marché central témoigne d’un malaise grandissant que les autorités sont désormais appelées à prendre en compte.

redaction