
Kinshasa, 9 août 2026 — Le débat autour de la consultation nationale de la jeunesse prend une nouvelle tournure. Le parti politique Bloc Unis pour Fatshi conteste la démarche menée dans le cadre de la campagne « Oui, je le veux », portée par la ministre de la Jeunesse, Grâce Kutino.

Dans un communiqué rendu public ce dimanche 9 août, la formation politique dirigée par Idriss Ekouala Elessa exprime de sérieuses réserves sur la représentativité, la méthodologie et le niveau de participation effective des jeunes à cette consultation, présentée comme ayant couvert les 26 provinces de la République démocratique du Congo.
Des doutes sur la représentativité
Pour le Bloc Unis pour Fatshi, la démarche soulève plusieurs interrogations de fond. Le parti estime notamment qu’il est nécessaire de déterminer dans quelles conditions les jeunes ont été consultés, selon quelle méthodologie et avec quel degré d’inclusivité.« Nous considérons que cette démarche soulève de sérieuses interrogations relatives à sa représentativité, à sa méthodologie, ainsi qu’à la participation effective des jeunes concernés », affirme le communiqué signé par Idriss Ekouala Elessa.
La formation politique estime ainsi qu’un document présenté comme étant l’expression des aspirations de la jeunesse congolaise ne peut être considéré comme représentatif sans garanties suffisantes sur le caractère inclusif du processus.
Les zones sous occupation au cœur des interrogations
Le Bloc Unis pour Fatshi soulève également la question de la consultation des jeunes vivant dans les territoires confrontés à l’insécurité, notamment dans les zones sous occupation ou sous contrôle de groupes armés.Le parti s’interroge sur les conditions concrètes dans lesquelles les jeunes de ces territoires auraient pu participer à la consultation nationale.
Avec une pointe d’ironie, il estime que si la ministre de la Jeunesse était effectivement parvenue à recueillir les avis des jeunes vivant dans ces zones particulièrement difficiles d’accès, cela constituerait « un véritable exploit », au regard des contraintes sécuritaires qui y prévalent.Cette interrogation constitue, selon le parti, l’un des principaux éléments devant être clarifiés avant toute validation des conclusions présentées au terme de cette consultation.
Une nouvelle consultation réclamée
Face à ces réserves, le Bloc Unis pour Fatshi demande aux autorités compétentes d’examiner avec rigueur tout cahier des charges qui découlerait de la consultation contestée.La formation politique plaide pour l’organisation d’une nouvelle démarche qu’elle souhaite plus large, transparente et participative.
Elle rappelle avoir officiellement saisi les autorités compétentes, le 4 août 2026, afin de solliciter l’organisation d’une consultation nationale réunissant les différentes forces vives de la jeunesse congolaise.Selon le communiqué, la ministre de la Jeunesse avait été informée de cette initiative. Le parti affirme toutefois qu’elle ne lui aurait pas indiqué qu’une démarche similaire était déjà en cours.
Le parti rejette les conclusions de la consultation
Dans ce contexte, le Bloc Unis pour Fatshi annonce son rejet catégorique des conclusions issues de la consultation qu’il conteste.Le parti invite par ailleurs la ministre de la Jeunesse, avant la signature de l’ordonnance convoquant le dialogue, à réunir les forces vives de la jeunesse issues des 26 provinces au Centre culturel de Kinshasa.
L’objectif serait d’organiser de nouvelles consultations qualifiées par le parti de « sérieuses, inclusives et crédibles ».Pour Idriss Ekouala Elessa et sa formation politique, la jeunesse congolaise ne devrait pas être réduite à un simple rôle consultatif symbolique dans les réflexions portant sur l’avenir du pays. Elle devrait, selon eux, être pleinement associée aux grandes orientations nationales.« La jeunesse congolaise mérite d’être consultée »En conclusion de son communiqué, le Bloc Unis pour Fatshi réaffirme sa volonté de voir les différentes composantes de la jeunesse participer au processus de réflexion nationale.« La jeunesse congolaise mérite d’être consultée, entendue et représentée dans toute sa diversité », soutient le parti.
Cette prise de position intervient alors que la question de la participation de la jeunesse aux consultations nationales continue de susciter des débats au sein de la classe politique congolaise.Le communiqué est signé par Idriss Ekouala Elessa, président national du Bloc Unis pour Fatshi.
Marie Christophe KABUNDA