RDC-Afrique du Sud : une autoroute à six bandes entre Kasumbalesa, Lubumbashi et Kambove au cœur des discussions sur l’investissement

Un projet d’infrastructure routière d’envergure était au centre des échanges, mercredi 9 septembre 2026, entre le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, également ministre d’État ad intérim chargé de l’Industrie, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, et une délégation sud-africaine conduite par Hervé-Claude Ntumba Batukonke, directeur général du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI).

Les discussions ont principalement porté sur les opportunités d’investissement privé en République démocratique du Congo, avec un intérêt particulier pour un projet d’autoroute à six bandes dans la province du Haut-Katanga.

Selon les éléments présentés au cours de la rencontre, cette infrastructure devrait relier le port sec de Kasumbalesa à Lubumbashi, avant de se prolonger jusqu’à Kambove. Le projet s’inscrit dans une vision plus large de modernisation des infrastructures et d’accompagnement du processus d’industrialisation de la RDC.

L’ampleur financière de cet investissement est présentée comme particulièrement importante, pouvant atteindre plusieurs millions, voire plusieurs milliards de dollars, en fonction de l’ensemble des composantes du projet.

Les PME congolaises au cœur des retombées économiques

Au-delà de la construction de l’autoroute, les échanges ont insisté sur la nécessité de faire en sorte que les investissements étrangers puissent également bénéficier directement aux entreprises congolaises.

Pour Hervé-Claude Ntumba Batukonke, l’un des principaux enjeux consiste à permettre aux PME nationales de prendre part aux différents marchés et activités qui découleront de la réalisation de ces infrastructures.

« Nous sommes venus voir le ministre de l’Industrie pour voir comment les entreprises congolaises peuvent bénéficier de ces investissements, se développer et aller de l’avant. Nous tenons à développer la classe moyenne chez nous, dans le cadre de ces développements », a déclaré le directeur général du FPI.

Cette orientation ouvre notamment la voie à des opportunités dans la sous-traitance, les services, le transport, le commerce, la logistique, la fourniture de matériaux et plusieurs autres activités connexes.

L’ambition affichée est de faire de ce projet un catalyseur pour le développement du secteur privé congolais, avec à la clé la création d’emplois, l’émergence de nouvelles entreprises et le renforcement des chaînes de valeur locales.

Des routes de desserte agricole envisagées

Le projet ne se limiterait pas au seul axe principal entre Kasumbalesa, Lubumbashi et Kambove. Les discussions évoquent également le développement des routes de desserte agricole, afin d’améliorer la connexion entre les zones de production et les grands centres urbains et commerciaux.

Une telle composante pourrait contribuer à faciliter l’évacuation des produits agricoles, réduire certaines contraintes liées au transport et stimuler les échanges commerciaux dans les territoires concernés.

Pour le Haut-Katanga, province stratégique dans les échanges commerciaux entre la RDC et l’Afrique australe, la modernisation des infrastructures routières constitue un enjeu majeur, notamment en raison du volume des marchandises transitant par la frontière de Kasumbalesa.

Justin Kalumba salue un projet à plusieurs dimensions

De son côté, Justin Kalumba Mwana-Ngongo a salué l’initiative et assuré ses interlocuteurs de son accompagnement.

Le ministre a particulièrement insisté sur les différentes composantes du projet et sur les possibilités qu’elles peuvent offrir à l’économie congolaise.

« Votre projet est très intéressant et très important pour ce pays. Il y a plusieurs compartiments dans ce projet, et chacun peut produire des opportunités pour notre économie et nos entreprises », a souligné Justin Kalumba.

Cette approche traduit la volonté des autorités de ne pas limiter les investissements structurants à la réalisation des infrastructures, mais de les intégrer dans une stratégie plus globale de développement du secteur productif.

Renforcer le partenariat économique RDC-Afrique du Sud

La délégation sud-africaine a également réaffirmé l’intérêt de ses partenaires financiers pour des projets structurants et énergétiques en RDC, mettant en avant l’expérience acquise ainsi que sa connaissance du contexte économique congolais.

La rencontre intervient dans un contexte où Kinshasa cherche à attirer davantage de capitaux privés pour financer ses infrastructures et soutenir son industrialisation.

À travers ce projet d’autoroute, les discussions entre les deux parties visent ainsi à renforcer la coopération économique entre la RDC et l’Afrique du Sud, tout en veillant à ce que les entreprises congolaises puissent bénéficier des retombées des investissements.

Si le projet venait à se concrétiser dans ses différentes composantes, l’axe Kasumbalesa-Lubumbashi-Kambove pourrait constituer un important corridor économique dans le Haut-Katanga, en facilitant la mobilité des personnes et des marchandises, en soutenant les activités agricoles et industrielles et en créant de nouvelles opportunités pour les PME.

Pour les autorités congolaises, l’enjeu est désormais de transformer ces discussions avec les investisseurs en projets concrets, capables de contribuer durablement à l’industrialisation du pays, à la création d’emplois et au développement d’une classe moyenne congolaise plus dynamique.

JOSEPH MALABA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *