Élections de 2028 en RDC : l’AETA alerte sur les contraintes sécuritaires, financières et politiques et évoque un possible report technique

À deux ans des prochaines élections générales prévues en 2028, l’Agir pour des élections transparentes et apaisées (AETA) met en garde contre plusieurs facteurs susceptibles de perturber le calendrier électoral. La plateforme de la société civile identifie notamment des contraintes sécuritaires, politiques, institutionnelles, juridiques, normatives et financières.

Kinshasa, 20 septembre 2026 — À l’approche des prochaines échéances électorales en République démocratique du Congo, les interrogations autour des conditions d’organisation du scrutin de 2028 commencent à prendre une place importante dans le débat public.

Dans une analyse technique consacrée aux prochains scrutins, présentée samedi à Kinshasa, l’Agir pour des élections transparentes et apaisées (AETA) a passé en revue plusieurs contraintes susceptibles d’influencer la préparation et le déroulement du processus électoral.

La réflexion a été présentée notamment par Patrick Cibangu, président de l’AETA, et Jérôme Bonso, vice-président de la plateforme.

Des contraintes sur plusieurs fronts

Selon l’AETA, les difficultés auxquelles pourrait être confronté le processus électoral ne sont pas uniquement liées à la logistique. Elles concernent également les dimensions politiques et institutionnelles, juridiques et normatives, sécuritaires ainsi que financières.

Sur le plan politique et institutionnel, la plateforme relève notamment la persistance de la méfiance entre la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et une partie de l’opposition autour de la transparence du fichier électoral.

L’AETA estime également que les appels récurrents à un dialogue politique national pourraient constituer un facteur susceptible d’avoir des conséquences sur le respect du calendrier électoral de 2028.

La question du calendrier apparaît ainsi comme l’un des principaux enjeux soulevés par cette analyse, alors que les différentes étapes préparatoires aux élections nécessitent, selon la société civile, une planification suffisamment anticipée.

La situation sécuritaire dans l’Est au cœur des préoccupations

L’autre difficulté majeure identifiée par l’AETA concerne la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Selon la plateforme, la poursuite de la guerre dans cette partie du pays prive de fait des millions de Congolais de l’exercice de certains de leurs droits civiques, notamment le droit de vote.

Pour l’AETA, cette situation soulève des questions relatives à l’égalité devant le suffrage, à l’équité du processus électoral et à la légitimité du prochain scrutin.

La plateforme considère notamment que l’organisation d’élections dans un contexte où une partie de la population se trouve dans des zones affectées par les conflits pose un défi majeur à l’inclusivité du processus.

Le financement de la CENI, un autre enjeu déterminant

Au-delà des questions politiques et sécuritaires, l’AETA insiste également sur la nécessité de mettre à la disposition de la CENI les ressources financières nécessaires dans les délais.

Pour la plateforme, le financement régulier et à temps des opérations électorales constitue une condition importante pour permettre à la centrale électorale de respecter les différentes échéances de son calendrier.

L’enjeu est donc double : assurer la disponibilité des moyens financiers tout en permettant à la CENI de maintenir une planification suffisamment prévisible des opérations électorales.

Deux scénarios déjà évoqués

Face à l’ensemble de ces contraintes, l’AETA présente plusieurs scénarios concernant la tenue des élections de 2028.

Le premier scénario évoqué est celui d’un report technique des élections. Selon la plateforme, cette option pourrait être envisagée afin de garantir l’inclusivité du vote, notamment en liant l’organisation du scrutin à une amélioration de la situation sécuritaire dans les zones affectées par les conflits.

Dans cette hypothèse, le report serait présenté comme une mesure technique visant à permettre la participation d’un plus grand nombre d’électeurs et à réduire les difficultés liées à l’organisation du scrutin dans les zones où la situation sécuritaire demeure problématique.

Le deuxième scénario consiste, à l’inverse, à privilégier le respect strict du calendrier constitutionnel.

Cette option vise à préserver la continuité des institutions et à éviter que le processus électoral ne connaisse un décalage susceptible de créer une période d’incertitude institutionnelle.

Entre impératif constitutionnel et exigence d’inclusivité

À travers ces différentes hypothèses, l’analyse de l’AETA met en évidence une problématique centrale : comment garantir simultanément le respect du calendrier électoral, l’inclusivité du scrutin et la participation effective des citoyens vivant dans les zones affectées par les conflits ?

La question est d’autant plus sensible que l’organisation des élections générales implique une importante préparation logistique, financière et institutionnelle.

Pour l’AETA, ces défis doivent être identifiés suffisamment tôt afin que les autorités compétentes, la CENI, les acteurs politiques et la société civile puissent anticiper les éventuelles difficultés.

À deux ans du scrutin annoncé pour 2028, la plateforme appelle ainsi à considérer dès maintenant les différents facteurs pouvant affecter le processus, tout en maintenant le débat autour de la transparence, de l’inclusivité et du respect des échéances électorales.

L’AETA ne tranche pas, dans les éléments présentés, entre les différents scénarios évoqués, mais met l’accent sur la nécessité d’anticiper les contraintes susceptibles de peser sur le processus électoral.

REDACTION

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