RDC : à l’ONU, Judith Suminwa dénonce la « guerre d’agression » attribuée au Rwanda et exige l’application des engagements de paix

La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa, a consacré une partie importante de son intervention devant les Nations unies à la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Elle a notamment dénoncé ce qu’elle qualifie de « guerre d’agression » menée par le Rwanda à travers l’AFC/M23, tout en appelant à la mise en œuvre effective des différents engagements internationaux pris pour mettre fin au conflit.

Prenant la parole dans le cadre des travaux de l’Assemblée générale des Nations unies, Judith Suminwa a présenté la crise sécuritaire dans les provinces de l’Est comme l’un des principaux défis auxquels la RDC reste confrontée.

Selon la cheffe du gouvernement congolais, la situation sur le terrain continue de révéler un décalage entre les décisions prises au niveau international et leur application effective.

Kinshasa dénonce l’implication du Rwanda

Dans son intervention, Judith Suminwa a réaffirmé la position officielle de Kinshasa concernant le conflit dans l’Est de la RDC. Elle a dénoncé une « guerre d’agression » menée, selon elle, par le Rwanda « sous couvert de l’AFC/M23 ».

La Première ministre a également fait référence aux éléments documentés par les Nations unies concernant la situation sécuritaire dans la région.

Elle a, par ailleurs, évoqué les violences attribuées à d’autres groupes armés actifs dans l’Est du pays, notamment les ADF et la CODECO, qui continuent de faire peser une lourde menace sur les populations civiles.

Pour le gouvernement congolais, la persistance de ces violences constitue un obstacle majeur au retour durable de la paix et à la stabilisation des territoires affectés par les conflits armés.

L’accord de Washington et le processus de Doha salués

Judith Suminwa n’a toutefois pas rejeté les différents mécanismes diplomatiques engagés pour tenter de mettre fin à la crise.

Elle a notamment salué l’accord de paix signé à Washington le 27 juin 2025, ainsi que le processus de Doha et la feuille de route portée par l’Union africaine.

Ces initiatives constituent, selon Kinshasa, des cadres importants pour parvenir à une solution politique et durable au conflit.

Mais pour la Première ministre, l’existence de ces accords et mécanismes ne suffit pas à elle seule à garantir le retour de la paix.

« La paix demeure encore une promesse » pour des millions de Congolais, a-t-elle souligné, mettant ainsi l’accent sur la nécessité de traduire les engagements diplomatiques en actes concrets sur le terrain.

« Nous n’attendons pas de nouveaux textes »

Au cœur du message de Judith Suminwa figure la question de l’application des décisions déjà adoptées par la communauté internationale.

La Première ministre a notamment rappelé les exigences contenues dans la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Celle-ci prévoit notamment des mesures concernant le retrait des forces rwandaises, le désengagement de l’AFC/M23 ainsi que le démantèlement des administrations parallèles dans les zones occupées.

Pour Kinshasa, l’enjeu n’est donc plus uniquement l’adoption de nouvelles résolutions ou de nouveaux accords, mais leur mise en œuvre effective.

« Nous n’attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution », a déclaré Judith Suminwa.

Une déclaration qui traduit la volonté du gouvernement congolais de voir les engagements internationaux produire des effets concrets sur le terrain, alors que la situation sécuritaire continue de préoccuper les autorités et les populations de l’Est.

Une diplomatie congolaise tournée vers l’application des engagements

À travers cette intervention, Judith Suminwa a ainsi placé la question de l’application des décisions internationales au centre du discours de la RDC devant les Nations unies.

Kinshasa entend notamment obtenir le respect des engagements pris dans les différents cadres de négociation et faire du retrait des forces étrangères ainsi que de la fin des administrations parallèles des éléments essentiels du processus de paix.

Le gouvernement congolais insiste également sur la nécessité de protéger les populations civiles et de créer les conditions permettant le retour des déplacés et la restauration progressive de l’autorité de l’État dans les zones affectées par les conflits.

L’intervention de la Première ministre intervient alors que plusieurs initiatives diplomatiques se poursuivent pour tenter de mettre un terme aux violences dans l’Est de la RDC. Pour Kinshasa, la prochaine étape doit désormais être celle de la concrétisation des engagements déjà pris.

À l’ONU, le message de Judith Suminwa est donc sans ambiguïté : pour la RDC, la multiplication des accords et résolutions ne peut constituer une fin en soi. Leur application demeure, selon le gouvernement congolais, la condition essentielle pour transformer les promesses diplomatiques en une paix réellement vécue par les populations de l’Est.

REDACTION

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