Lualaba : un creuseur artisanal tué par balle à Kisankala, la présence des militaires dans les zones minières de nouveau dénoncée

Un creuseur artisanal a été tué par balle dans la nuit du samedi 3 octobre 2026 aux abords du site minier « Pompi », dans la localité de Kisankala, territoire de Mutshatsha, au Lualaba. La société civile locale, qui a rapporté les faits, interpelle les autorités sur la persistance de la présence d’hommes armés dans les zones d’exploitation minière.

Un nouveau drame vient raviver les inquiétudes autour de la sécurité dans les zones d’exploitation minière artisanale du Lualaba. Dans la nuit du samedi 3 octobre, un creuseur artisanal a été mortellement atteint par balle à proximité du site minier dénommé « Pompi », situé dans la localité de Kisankala, dans le territoire de Mutshatsha.

Selon les informations rapportées par la société civile locale, la victime aurait été abattue par un homme armé. Les circonstances précises du drame, tout comme l’identité et le statut de l’auteur présumé des tirs, restent à établir par les services compétents.

La société civile interpelle les autorités

À la suite de ce décès, les organisations de la société civile locales ont exprimé leur préoccupation face à ce qu’elles présentent comme la présence persistante de militaires dans certains espaces miniers.

Pour ces acteurs, la présence d’hommes armés dans les carrières constitue un facteur de tension susceptible d’exposer davantage les exploitants artisanaux à des violences et à des abus.

Ils demandent ainsi aux autorités provinciales et nationales de renforcer les mécanismes de contrôle et de sécurisation des sites miniers, mais également de faire toute la lumière sur les circonstances de la mort du creuseur.

La question de la démilitarisation des sites miniers refait surface

Ce nouveau drame remet également au centre du débat la question de la démilitarisation des zones d’exploitation minière en République démocratique du Congo.

Le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a à plusieurs reprises insisté sur la nécessité de mettre fin à la présence illégitime des militaires et autres hommes armés dans les sites miniers, notamment afin de préserver le caractère civil des activités d’exploitation et de mieux encadrer le secteur.

Dans les faits, la société civile continue cependant de signaler la présence d’éléments armés dans certaines zones minières, particulièrement dans les régions où l’exploitation artisanale occupe une place importante dans l’économie locale.

Une enquête attendue

Au-delà de la dénonciation, la société civile souhaite désormais que les autorités compétentes ouvrent une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de la mort du creuseur.

L’enjeu est notamment d’identifier l’auteur des tirs, de déterminer les circonstances dans lesquelles l’arme a été utilisée et, le cas échéant, d’établir les responsabilités.

Dans une province où l’exploitation minière constitue un secteur économique majeur, la sécurisation des carrières et la protection des travailleurs artisanaux demeurent un défi important. Le décès survenu à Kisankala rappelle une nouvelle fois la nécessité d’un encadrement plus rigoureux des sites miniers et d’une application effective des mesures de démilitarisation.

En attendant les conclusions d’une éventuelle enquête officielle, les autorités locales sont appelées à prendre les dispositions nécessaires pour prévenir de nouveaux incidents et garantir la sécurité des personnes opérant dans les zones minières de Mutshatsha.

REDACTION

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