
Le gouvernement congolais veut tourner la page des embarcations en bois sur les principaux cours d’eau et les lacs du pays. À partir du 15 novembre 2026, leur navigation sera totalement interdite sur le fleuve Congo, ses affluents et plusieurs autres plans d’eau. Une décision qui intervient après une série d’accidents meurtriers et face à la persistance de manquements aux règles de sécurité.
À Kinshasa, les autorités veulent désormais passer à une nouvelle étape dans la sécurisation du transport fluvial. Le vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo, a annoncé l’interdiction totale de la navigation des baleinières en bois sur le fleuve Congo, ses affluents, certains cours d’eau répertoriés dans une liste en annexe, ainsi que sur les lacs.
La mesure doit entrer en vigueur le 15 novembre 2026, selon les éléments communiqués par le ministre des Transports.
Une décision motivée par la répétition des accidents
Cette interdiction intervient dans un contexte marqué par la multiplication des accidents impliquant des embarcations fluviales en République démocratique du Congo.
Malgré les mesures de sécurité déjà instaurées par les autorités, notamment depuis 2024, les incidents continuent de faire des victimes. Le gouvernement dénonce notamment la persistance de violations des règles encadrant la navigation et le transport des passagers.
Parmi les mesures déjà rendues obligatoires figurent notamment le port du gilet de sauvetage, l’interdiction de naviguer pendant la nuit, la souscription à une assurance, ainsi que les contrôles techniques des embarcations.
Mais sur le terrain, leur application demeure insuffisante.
Le gouvernement face aux résistances du secteur
Dans une correspondance adressée aux ministres de l’Intérieur et de la Défense, le ministre des Transports déplore ainsi la persistance de comportements qui compromettent la sécurité des voyageurs.
L’objectif affiché est de mettre fin à une pratique considérée comme particulièrement dangereuse : l’utilisation d’embarcations en bois pour transporter des passagers sur des axes fluviaux très fréquentés.
Pour les autorités, le problème ne se limite plus au respect des règles existantes. Il s’agit désormais de revoir en profondeur le type d’embarcations autorisées à naviguer sur les eaux congolaises.
Cette orientation devrait donc contraindre les opérateurs concernés à abandonner progressivement les baleinières en bois et à se tourner vers des embarcations répondant davantage aux normes techniques et sécuritaires.
Un enjeu majeur pour un pays dépendant du transport fluvial
La décision est loin d’être anodine dans un pays où les voies navigables jouent un rôle essentiel dans la mobilité des populations et l’acheminement des marchandises.
Dans plusieurs régions de la RDC, particulièrement dans l’intérieur du pays, le transport fluvial constitue parfois le principal moyen de déplacement entre les localités. Une interdiction appliquée sans mesures d’accompagnement pourrait ainsi avoir des conséquences économiques et sociales importantes.
Le défi pour le gouvernement sera donc double : faire respecter les normes de sécurité tout en garantissant la continuité du transport et l’accessibilité des zones dépendantes du réseau fluvial.
Vers une opération de contrôle renforcée ?
L’entrée en vigueur de cette mesure devrait également entraîner un renforcement des contrôles sur les différents axes concernés.
Les services de l’État devront notamment identifier les embarcations encore en circulation, vérifier leur conformité et empêcher l’utilisation des baleinières en bois après la date fixée par le gouvernement.
La question de l’application de l’interdiction sera ainsi déterminante. Car au-delà de l’annonce politique, c’est sur les fleuves, les affluents et les lacs que se jouera l’efficacité de cette nouvelle politique de sécurité.
Une réforme sous haute surveillance
Avec cette décision, le gouvernement congolais entend manifestement tirer les leçons des drames successifs sur les voies navigables. Mais la réussite de la réforme dépendra autant de la fermeté des contrôles que de la capacité de l’État à accompagner les transporteurs dans leur transition vers des embarcations conformes.
À compter du 15 novembre, les baleinières en bois devraient donc progressivement disparaître des principaux axes de navigation concernés. Reste à savoir si cette échéance marquera réellement un tournant dans la sécurisation du transport fluvial en RDC ou si son application se heurtera, une nouvelle fois, aux réalités du terrain.
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REDACTION