
Kinshasa mise sur les confessions religieuses pour baliser les contours d’un dialogue national placé sous le signe de la paix, de la cohésion nationale et de la refondation de l’État. Après la CENCO, la Présidence de la République a engagé des échanges avec l’Église du Christ au Congo (ECC), dans un processus préparatoire dont les modalités restent encore à préciser.
KINSHASA, 10 octobre 2026 — La perspective d’un dialogue national en République démocratique du Congo prend progressivement forme sur le terrain des consultations politiques et institutionnelles. Dans cette dynamique, la Présidence de la République poursuit ses échanges avec les principales confessions religieuses du pays, considérées comme des interlocuteurs importants dans la recherche d’un consensus autour des enjeux de paix et de cohésion nationale.
Dernière étape en date de cette démarche : l’Église du Christ au Congo (ECC). Le jeudi 8 octobre 2026, le directeur de cabinet du chef de l’État, Anthony Nkinzo Kamole, accompagné de Fortunat Biselele, a été reçu par le président de cette plateforme religieuse, le révérend André Bokundoa Bo Likabe.
Cette rencontre intervient après une précédente étape des consultations avec la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), à Lubumbashi. Elle traduit la volonté des autorités de poursuivre les échanges avec les acteurs religieux autour des grandes orientations définies par le président Félix Tshisekedi pour la préparation du dialogue national.
Un dialogue axé sur la paix et la cohésion nationale
Au cœur des discussions figurent les principes devant guider l’organisation de ces assises nationales : la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État. Trois axes qui renvoient aux défis politiques et institutionnels auxquels la RDC demeure confrontée et à la nécessité de rechercher des mécanismes de concertation entre les différentes composantes de la société congolaise.
En associant les responsables des confessions religieuses à cette phase préparatoire, la Présidence entend poursuivre les échanges avec des institutions qui disposent d’un ancrage important au sein de la population. Leur participation pourrait contribuer à nourrir les réflexions sur les conditions d’un dialogue susceptible de favoriser l’apaisement politique et le rapprochement entre les différentes forces du pays.
Toutefois, les contours précis de ce processus restent à définir. À ce stade, les informations communiquées portent essentiellement sur les orientations générales et les mécanismes envisagés pour préparer la tenue du dialogue.
Deux structures annoncées pour préparer les assises
Sur le plan organisationnel, deux structures préparatoires devraient être mises en place : un comité d’organisation et une commission préparatoire.
Le premier aurait vocation à prendre en charge les aspects liés à l’organisation pratique des assises, tandis que la seconde devrait contribuer à la préparation des travaux et à la définition des questions à soumettre aux participants. Leurs missions exactes, leur composition et leurs modalités de fonctionnement restent néanmoins à préciser.
La mise en place de ces structures constituerait une étape importante dans le passage des consultations préliminaires à la préparation concrète du dialogue national. Elle devrait également permettre de clarifier les responsabilités des différents acteurs appelés à intervenir dans ce processus.
En revanche, aucune date n’a encore été annoncée pour la tenue effective de ces assises. Plusieurs paramètres demeurent donc attendus, notamment le calendrier, les critères de participation, les thématiques prioritaires et les mécanismes destinés à assurer le suivi des éventuelles résolutions.
Les confessions religieuses, interlocutrices d’un processus encore ouvert
Le recours aux confessions religieuses s’inscrit dans une démarche de consultation dont l’issue dépendra notamment de la capacité des différents acteurs à s’accorder sur les objectifs et les modalités du dialogue.
Pour les autorités, l’enjeu consiste à préparer un cadre de discussion autour des questions fondamentales touchant à la stabilité du pays, à la coexistence nationale et au fonctionnement des institutions. Pour les participants potentiels, la question centrale sera celle de la portée réelle de ces assises et de leur capacité à déboucher sur des engagements concrets.
La poursuite des consultations avec la CENCO et l’ECC constitue ainsi un signal de l’avancement des démarches préparatoires, sans pour autant préjuger de la composition définitive du dialogue ni de ses conclusions.
Un rendez-vous politique attendu
Dans un contexte où les questions de paix, de gouvernance et de cohésion nationale occupent une place majeure dans le débat public congolais, l’annonce d’un dialogue national suscite des attentes importantes.
Reste désormais à savoir comment les orientations présidentielles seront traduites en mécanismes concrets, quels acteurs seront associés aux discussions et quelles garanties permettront de transformer les échanges en décisions applicables.
La rencontre entre Anthony Nkinzo Kamole, Fortunat Biselele et le révérend André Bokundoa Bo Likabe marque une nouvelle étape dans ce processus. Mais au-delà des consultations, le véritable enjeu sera de donner au dialogue un contenu, une méthode et des objectifs suffisamment clairs pour répondre aux attentes des Congolais.
Pour l’heure, le processus se poursuit au stade préparatoire. Le calendrier officiel et les modalités définitives de ces assises restent attendus.
Rédaction — AlerteNews.cd