
À l’Assemblée provinciale du Kasaï Central, une proposition d’édit visant à promouvoir et à soutenir les programmes d’alimentation scolaire n’a pas obtenu l’adhésion de la majorité des députés. Son initiateur, l’honorable Sosthène Kambidi, a toutefois accueilli ce rejet comme une expression normale du jeu démocratique, tout en appelant ses collègues à poursuivre le débat législatif à travers de nouvelles initiatives.

Le débat sur l’alimentation scolaire s’est invité dans l’hémicycle de l’Assemblée provinciale du Kasaï Central. Portée par le député provincial Sosthène Kambidi, une proposition d’édit consacrée à la promotion et à l’appui aux programmes d’alimentation scolaire dans cette province de la République démocratique du Congo a été rejetée par les élus provinciaux.
Cette initiative législative ambitionnait de placer la question de l’alimentation des élèves au cœur des préoccupations des autorités provinciales. Un sujet qui touche directement aux conditions d’apprentissage des enfants, mais qui soulève également la question des ressources financières dont dispose la province pour soutenir durablement de telles politiques publiques.
Les contraintes budgétaires au cœur des débats
Selon les explications fournies par l’initiateur de la proposition, les discussions ont été nourries au sein de l’Assemblée provinciale. Plusieurs députés ont pris la parole avant que la majorité ne se prononce contre le texte.
L’un des principaux arguments avancés par les élus opposés à cette initiative concerne les capacités financières de la province. Ceux-ci ont estimé que le Kasaï Central ne disposerait pas des moyens nécessaires pour assurer la prise en charge de l’alimentation scolaire.
« La proposition d’édit a suscité des débats dans la salle, mais les collègues ont estimé que la province n’a pas les moyens pour soutenir l’alimentation dans les écoles. C’est la démocratie. J’applaudis les collègues qui ont pris la parole », a déclaré Sosthène Kambidi.
Ce rejet met ainsi en lumière une question essentielle pour les institutions provinciales : comment concilier les ambitions sociales des élus avec les contraintes budgétaires auxquelles les provinces sont confrontées ?
Si la question des moyens financiers constitue un enjeu majeur dans la mise en œuvre des politiques publiques, le débat autour de l’alimentation scolaire renvoie également aux priorités que les autorités provinciales entendent accorder au secteur de l’éducation et au bien-être des élèves.
Sosthène Kambidi privilégie le débat démocratique
Malgré l’issue défavorable réservée à son initiative, l’honorable Sosthène Kambidi n’a pas affiché d’amertume. Au contraire, il a insisté sur le caractère démocratique de la procédure parlementaire, rappelant que chaque député reste libre de défendre sa position et que la majorité dispose du pouvoir de trancher.
L’élu provincial a également tenu à souligner que le rejet d’une proposition d’édit ne devait pas être interprété comme un affront personnel à son initiateur. À ses yeux, les divergences d’opinions font partie intégrante du fonctionnement d’une assemblée délibérante.
« J’ai apporté des arguments, mais les collègues ne m’ont pas soutenu. La majorité a décidé de rejeter la proposition d’édit. C’était la démocratie », a-t-il expliqué.
Par cette déclaration, le député semble vouloir privilégier la continuité du travail parlementaire plutôt que la polémique autour du vote. Il invite ses collègues à considérer les désaccords comme une étape du processus législatif, susceptible d’ouvrir la voie à d’autres initiatives.
Un appel à multiplier les initiatives législatives
Au-delà de ce revers parlementaire, Sosthène Kambidi a adressé un message à ses collègues députés provinciaux : le rejet d’un texte ne doit pas constituer un motif de découragement.
Pour lui, l’action parlementaire exige de la persévérance, de la capacité à défendre ses idées et de la volonté de soumettre de nouvelles propositions, même après un vote défavorable.
« Si un jour tu viens avec une proposition d’édit et que l’Assemblée provinciale refuse, il faut toujours revenir avec d’autres propositions », a-t-il déclaré, encourageant ainsi ses collègues à poursuivre leur travail législatif.
Cette position souligne une conception du mandat parlementaire fondée sur la multiplication des initiatives et la confrontation des idées. Dans cette logique, un rejet ne signifie pas nécessairement la fin d’un débat, mais peut constituer une invitation à reformuler les propositions, à approfondir les arguments ou à rechercher de nouveaux compromis.
L’enjeu reste néanmoins de transformer les débats de l’hémicycle en mesures concrètes susceptibles de répondre aux préoccupations de la population du Kasaï Central.
Du journalisme à l’arène parlementaire
Avant son engagement dans la vie politique, Sosthène Kambidi évoluait dans le secteur du journalisme. Une expérience qu’il évoque pour expliquer son rapport au débat contradictoire et aux divergences d’opinions.
« Je viens du journalisme, je suis habitué à ce jeu », a-t-il conclu.
Cette déclaration traduit sa volonté de relativiser l’échec de sa proposition d’édit et de rappeler que la confrontation des points de vue demeure une composante normale de la vie publique.
Dans une assemblée provinciale, défendre une initiative ne garantit pas son adoption. Le travail parlementaire repose également sur la capacité à convaincre, à écouter les arguments contraires et à accepter les décisions issues du vote.
L’alimentation scolaire, un enjeu qui dépasse le cadre politique
Au-delà du sort réservé à cette proposition d’édit, la question de l’alimentation scolaire demeure un sujet d’intérêt public. Elle renvoie aux conditions dans lesquelles les enfants fréquentent les établissements scolaires et aux moyens susceptibles de favoriser un environnement propice aux apprentissages.
Toutefois, le rejet du texte ne permet pas, à lui seul, de conclure à l’abandon de toute possibilité de soutien à l’alimentation scolaire au Kasaï Central. Il signifie avant tout que cette proposition particulière n’a pas obtenu le soutien nécessaire au sein de l’Assemblée provinciale.
La question demeure donc posée : quelles solutions les autorités provinciales pourraient-elles envisager pour promouvoir l’alimentation scolaire tout en tenant compte des ressources disponibles ?
Entre contraintes budgétaires, priorités sociales et responsabilité des institutions, le débat ouvert par Sosthène Kambidi rappelle que la formulation des politiques publiques nécessite à la fois des ambitions, des mécanismes de financement réalistes et un consensus politique suffisant.
Pour l’heure, l’initiative de l’élu provincial n’a pas franchi l’étape du vote. Mais son initiateur entend poursuivre son action, convaincu que le rejet d’un texte ne doit pas mettre un terme à l’engagement législatif.
Gilbert KABONGO