
Le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, a officiellement présenté sa démission de ses fonctions, ouvrant une nouvelle séquence politique dans l’une des provinces les plus stratégiques de la République démocratique du Congo.
Dans une correspondance adressée au président de la République, Félix Tshisekedi, le désormais ex-gouverneur explique que sa longue présence à Kinshasa pour des raisons professionnelles et institutionnelles l’a éloigné du Haut-Katanga dans un contexte sécuritaire jugé sensible.
Soucieux de préserver la sérénité des institutions ainsi que le bon fonctionnement de l’administration provinciale », Jacques Kyabula affirme avoir décidé de tirer « toutes les conséquences politiques et administratives » de cette situation.
Le gouvernement provincial automatiquement concerné
Conformément au fonctionnement des institutions provinciales en RDC, la démission du gouverneur entraîne également la chute de l’ensemble du gouvernement provincial, désormais réputé démissionnaire. L’intérim reste assuré par le vice-gouverneur Martin Kazembe en attendant l’organisation d’un nouveau scrutin gouvernoral par l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga.
Cette situation plonge temporairement la province minière dans une phase de transition politique alors que plusieurs dossiers majeurs restent en cours, notamment les questions sécuritaires, les infrastructures et la gestion des recettes provinciales.
30 jours pour organiser une nouvelle élection
Selon les dispositions régissant les institutions provinciales en RDC, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) devra organiser l’élection d’un nouveau gouverneur et vice-gouverneur dans un délai légal estimé à 30 jours après la vacance officiellement constatée du poste. L’Assemblée provinciale du Haut-Katanga sera appelée à convoquer la plénière élective pour désigner le successeur de Jacques Kyabula.
Plusieurs observateurs estiment déjà que cette future élection sera déterminante pour l’équilibre politique du Haut-Katanga, province considérée comme le poumon économique de la RDC grâce à son potentiel minier et sa position frontalière avec la Zambie.
Une démission aux multiples lectures politiques
Depuis plusieurs mois, l’absence prolongée de Jacques Kyabula de Lubumbashi alimentait les spéculations et les critiques dans l’opinion publique. Le gouverneur avait été convoqué à Kinshasa depuis juillet 2025 et n’était plus retourné dans sa province depuis lors.
Malgré son départ, Jacques Kyabula réaffirme son attachement à la vision du chef de l’État Félix Tshisekedi et se dit prêt à continuer à servir la République sous une autre forme si nécessaire.
Dans les milieux politiques du Haut-Katanga, les tractations auraient déjà commencé en vue de la succession à la tête de la province, pendant que la population attend de nouvelles autorités capables de répondre aux défis du développement, de l’emploi et des infrastructures.
Joseph MALABA