
Une nouvelle vague d’explosions a semé la panique dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, dans la nuit du dimanche au lundi. L’aéroport international de Bangboka, infrastructure stratégique civilo-militaire de la République démocratique du Congo, a de nouveau été visé par une attaque dont l’origine reste encore inconnue.
Selon plusieurs médias congolais, au moins huit fortes détonations ont été entendues à l’intérieur et aux alentours du site aéroportuaire, provoquant une vive inquiétude parmi les habitants des quartiers voisins. Les premières explosions auraient été signalées aux environs de 17h30.
Des témoins sur place affirment que les bruits entendus étaient différents de ceux des drones kamikazes déjà utilisés lors de précédentes attaques contre cette infrastructure sensible. Peu après les explosions, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont immédiatement renforcé le dispositif sécuritaire autour de Bangboka, bouclant totalement la zone et interdisant tout accès aux civils.
Des sources locales rapportent également qu’un avion de la compagnie CAA attendu dans la soirée n’aurait finalement pas atterri à Kisangani en raison de la situation sécuritaire devenue préoccupante. Pendant toute la nuit, d’intenses mouvements militaires ainsi que des tirs nourris ont été signalés autour de l’aéroport, alimentant davantage la psychose au sein de la population.
Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a confirmé l’origine exacte de ces explosions ni fourni un bilan humain ou matériel. Cependant, cette nouvelle attaque survient dans un contexte marqué par la détérioration de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, où les affrontements entre les FARDC et les rebelles de l’AFC/M23 continuent de s’intensifier.
Pour les autorités congolaises, l’aéroport international de Bangboka représente une infrastructure hautement stratégique. En plus de son rôle dans le trafic aérien civil, ce site abrite des installations militaires importantes, notamment un centre de pilotage des appareils de la Force aérienne congolaise engagés dans les opérations contre les groupes armés actifs au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Cette attaque rappelle les événements survenus en mars dernier, lorsque plusieurs drones kamikazes visant Bangboka avaient été interceptés. À l’époque, les autorités provinciales avaient accusé l’AFC/M23 ainsi que l’armée rwandaise d’être derrière ces tentatives de déstabilisation contre une infrastructure située à plus de 1 000 kilomètres des lignes de front.
La répétition des attaques contre des sites stratégiques à l’intérieur du territoire national suscite désormais de nombreuses interrogations sur l’évolution du conflit dans l’Est du pays. Plusieurs observateurs estiment que ces opérations pourraient traduire une extension progressive des capacités offensives des groupes armés, avec des conséquences potentiellement graves sur la sécurité nationale et les infrastructures vitales de la RDC.
Face à cette situation, la population de Kisangani reste dans l’attente d’une communication officielle des autorités afin de comprendre l’ampleur réelle de l’incident et les mesures envisagées pour renforcer la sécurité autour de l’aéroport de Bangboka.
Joseph Malaba