
Miabi, Kasaï-Oriental – Malgré l’importante richesse minière que recèle le gisement de cuivre de Katende, dans le territoire de Miabi, les exploitants artisanaux affirment faire face à de nombreuses difficultés qui freinent le développement du secteur.
Entre taxation jugée excessive, multiplication des frais administratifs et paiements répétés à chaque étape du transport, ils estiment que l’acheminement du cuivre vers Likasi est devenu un véritable parcours du combattant.Au cours d’un entretien accordé à Alertenews.cd, plusieurs exploitants ont dénoncé un système qui, selon eux, réduit considérablement leurs bénéfices et décourage les investissements dans la filière cuivre du Kasaï-Oriental.
Un cuivre de qualité exporté faute d’usines localesLes exploitants expliquent que le cuivre extrait à Katende présente une teneur particulièrement élevée, débutant à 7 % et pouvant atteindre des niveaux supérieurs. Une qualité qui attire les acheteurs, mais qui ne profite pas pleinement à la province.En l’absence d’unités de transformation au Kasaï-Oriental, la quasi-totalité de la production est transportée vers Likasi, dans le Haut-Katanga, où elle est commercialisée et parfois transformée. Cette situation prive la province de nombreux avantages économiques, notamment la création d’emplois et la valorisation locale de ses ressources minières.Pour ces opérateurs, la solution passe par une implication plus importante des investisseurs originaires du Kasaï afin de développer une véritable industrie minière locale capable d’attirer de grands partenaires et de construire des usines de traitement sur place.
L’acheminement vers Likasi, un coût qui ne cesse d’augmenterLe principal défi reste le transport du minerai jusqu’à Likasi. Les exploitants dénoncent notamment l’augmentation spectaculaire de certaines taxes administratives.Selon leurs témoignages, l’Agence nationale de renseignements (ANR) exige actuellement 300 dollars par camion au Kasaï-Oriental, contre seulement 20 dollars auparavant. À titre de comparaison, les frais similaires perçus à Likasi demeurent fixés à 25 dollars par camion.À cela s’ajoutent les frais de péage de Kamina, dans la province du Haut-Lomami. Les transporteurs doivent s’acquitter d’une taxe de 35 dollars par tonne transportée. Pour un camion transportant en moyenne 25 tonnes de cuivre, la facture atteint ainsi 875 dollars avant même l’arrivée à destination.
Des frais administratifs multiples au départAvant de quitter le Kasaï-Oriental, les exploitants affirment déjà payer plusieurs taxes et redevances auprès de différentes structures publiques :- SAEMAPE : 10 dollars ;- Division provinciale des Mines : 120 dollars ;- Direction générale des recettes du Kasaï-Oriental (DGRKOR) : 200 dollars.Ces paiements, selon eux, représentent déjà une charge importante pour les opérateurs artisanaux qui disposent souvent de moyens financiers limités.Des documents payés une première fois… puis une seconde à LikasiLa principale plainte des exploitants concerne toutefois ce qu’ils considèrent comme une double taxation.Une fois les cargaisons arrivées à Likasi, plusieurs documents et formalités déjà réglés au Kasaï-Oriental doivent être payés à nouveau. Les exploitants citent notamment :- La Police des Mines : 25 dollars ;- La Direction des recettes du Haut-Katanga (DRHKAT) : 100 dollars pour les exploitants du Haut-Lomami et 150 dollars pour ceux provenant du Kasaï ;- La Division des Mines : 100 dollars pour les opérateurs du Haut-Katanga et 150 dollars pour ceux issus du Kasaï-Oriental.Les concernés dénoncent également une différence de traitement selon la provenance des exploitants, estimant que les opérateurs kasaïens sont davantage taxés que ceux des provinces voisines.
Un secteur stratégique qui demande des réformesFace à ces contraintes, les exploitants artisanaux appellent les autorités provinciales et nationales à harmoniser les taxes minières et à mettre fin aux paiements répétitifs qui pénalisent le secteur.Ils recommandent également la création d’unités locales de transformation afin de réduire la dépendance vis-à-vis de Likasi et de permettre au Kasaï-Oriental de bénéficier pleinement de la richesse générée par son cuivre.Selon eux, la mise en place d’un environnement fiscal plus favorable, la suppression des doubles paiements et l’installation d’industries de transformation constitueraient des mesures essentielles pour permettre aux exploitants artisanaux de travailler en toute quiétude et contribuer davantage au développement économique de la province.
Alors que le cuivre de Katende continue de parcourir des centaines de kilomètres jusqu’à Likasi pour être commercialisé, les exploitants espèrent que leurs préoccupations seront entendues afin que cette ressource stratégique profite davantage au Kasaï-Oriental, son territoire d’origine.Ce format est adapté à une publication de presse en ligne avec un angle fort sur le transport du cuivre vers Likasi et ses conséquences économiques.
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