
Un peu plus de deux ans après sa réhabilitation, l’ouvrage stratégique de la RN44 cède à nouveau, paralysant l’axe Mambasa-BeniLa population du territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, s’est réveillée ce dimanche sous le choc après l’effondrement du pont Ituri 2, un ouvrage stratégique situé sur la Route nationale n°44 (RN44) reliant Mambasa à Beni, dans la province du Nord-Kivu.
Cette nouvelle catastrophe constitue un coup dur pour les habitants, les opérateurs économiques et les transporteurs qui dépendent quotidiennement de cet axe routier essentiel pour les échanges commerciaux et la circulation des personnes entre les deux provinces.L’effondrement de l’ouvrage intervient seulement quelques années après sa réhabilitation et ravive les interrogations sur la qualité des travaux réalisés ainsi que sur la gestion des infrastructures publiques dans cette partie du pays.Un ouvrage récemment réhabilitéLe pont Ituri 2 avait été inauguré le 20 mars 2024 à l’issue des travaux de réhabilitation exécutés par l’Office des Routes.
À l’époque, les autorités avaient présenté cette remise en état comme une réponse aux difficultés de circulation rencontrées sur cet axe vital.Cependant, plusieurs acteurs de la société civile avaient déjà exprimé leurs inquiétudes concernant la solidité de l’infrastructure. Des voix s’étaient élevées pour dénoncer l’utilisation d’équipements jugés vétustes et inadaptés aux réalités actuelles du trafic routier.Selon plusieurs observateurs locaux, les avertissements lancés à l’époque n’auraient pas reçu l’attention nécessaire, conduisant aujourd’hui à l’effondrement du pont et à ses lourdes conséquences.Un axe vital désormais coupéLa RN44 constitue l’une des principales voies de communication entre l’Ituri et le Nord-Kivu.
Elle permet l’acheminement des produits agricoles, des marchandises de première nécessité ainsi que la mobilité des populations entre les deux régions.Avec l’effondrement du pont Ituri 2, la circulation est fortement perturbée, voire interrompue sur certains tronçons. Cette situation risque d’entraîner une hausse des coûts de transport, des difficultés d’approvisionnement des marchés locaux et un ralentissement des activités économiques.
Pour les habitants de Mambasa et des localités environnantes, cette coupure représente un véritable drame social et économique.Une région déjà fragilisée par l’insécuritéL’effondrement du pont survient dans un contexte particulièrement difficile pour la région. Depuis plusieurs années, le territoire de Mambasa et plusieurs zones voisines font face aux exactions des rebelles des ADF, responsables de nombreuses attaques contre les civils.Dans cet environnement marqué par l’insécurité, la dégradation des infrastructures complique davantage les déplacements des populations et des forces de sécurité, tout en réduisant l’accès à certains services essentiels.
Les acteurs humanitaires craignent également que cette situation n’affecte l’assistance apportée aux populations vulnérables vivant dans les zones enclavées.Des appels à une intervention urgenteÀ la suite de l’effondrement du pont, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une intervention rapide des autorités nationales et provinciales.
Les habitants demandent non seulement la reconstruction urgente de l’ouvrage, mais également l’ouverture d’enquêtes visant à établir les responsabilités dans la dégradation précoce de cette infrastructure.La société civile insiste sur la nécessité de privilégier des travaux durables, réalisés selon les normes techniques requises, afin d’éviter que de telles situations ne se reproduisent.Alors que les conséquences de l’effondrement commencent déjà à se faire sentir sur le terrain, la population de Mambasa espère une réaction rapide des pouvoirs publics pour rétablir la circulation sur cet axe stratégique et soulager les milliers de citoyens affectés par cette nouvelle crise.L’effondrement du pont Ituri 2 apparaît aujourd’hui comme le symbole des défis persistants auxquels font face les infrastructures routières dans l’est de la République démocratique du Congo, où les besoins de développement demeurent immenses malgré les multiples promesses de modernisation.
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