RDC : L’ECC plaide pour un dialogue inclusif avant tout débat sur la révision constitutionnelle

L’Église du Christ au Congo appelle au respect des dispositions constitutionnelles et à la préservation de la cohésion nationaleKinshasa, RDC – Quelques jours après avoir mené une série de consultations avec différentes composantes de la société congolaise, l’Église du Christ au Congo (ECC) a rendu publique sa position sur la question sensible du changement ou de la révision de la Constitution de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration officielle, l’institution religieuse estime qu’il est impératif d’engager un dialogue national inclusif avant toute initiative ou débat relatif à une éventuelle modification de la Loi fondamentale.Pour l’ECC, le contexte politique actuel exige une approche responsable, concertée et respectueuse des principes démocratiques afin d’éviter toute tension susceptible de fragiliser davantage la stabilité du pays.

Un appel à un cadre de dialogue apaiséÀ travers sa déclaration, l’Église protestante souligne que les questions touchant à la Constitution ne peuvent être abordées sans un large consensus national. Elle recommande ainsi la mise en place d’un cadre de dialogue inclusif réunissant les institutions de la République, les acteurs politiques de la majorité et de l’opposition, la société civile, les confessions religieuses ainsi que d’autres forces vives de la nation.Selon l’ECC, ce dialogue doit permettre aux différentes sensibilités du pays d’exprimer leurs préoccupations et leurs propositions dans un climat de paix, de respect mutuel et de responsabilité patriotique.

« Toute réflexion sur l’avenir institutionnel du pays doit être menée dans un esprit de concertation afin de préserver la cohésion nationale et la stabilité démocratique », estime l’organisation ecclésiastique.Le rappel des dispositions constitutionnellesDans sa prise de position, l’ECC rappelle l’importance du respect des articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution.L’article 5 consacre notamment le principe selon lequel la souveraineté nationale appartient au peuple congolais. Les articles 218 et 219 définissent les procédures relatives à la révision constitutionnelle, tandis que l’article 220 fixe les dispositions dites « verrouillées », qui ne peuvent faire l’objet d’aucune révision, notamment celles relatives à la forme républicaine de l’État, au nombre et à la durée des mandats présidentiels ainsi qu’aux principes fondamentaux des droits et libertés.

À travers ce rappel, l’ECC entend réaffirmer l’importance du respect scrupuleux des mécanismes prévus par la Constitution afin de garantir la légitimité et la crédibilité de tout processus institutionnel.Préserver l’unité nationaleL’Église du Christ au Congo met également en garde contre les risques de polarisation politique que pourrait susciter un débat constitutionnel mené sans consensus préalable.

Elle insiste sur la nécessité de privilégier l’intérêt supérieur de la nation et d’éviter toute initiative susceptible d’alimenter les tensions sociales ou politiques.Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants dans l’est du pays et des préoccupations socio-économiques majeures, l’ECC estime que la consolidation de l’unité nationale demeure une priorité absolue.Un message adressé aux acteurs politiquesPar cette déclaration, l’ECC invite l’ensemble des acteurs politiques à faire preuve de retenue, de responsabilité et d’ouverture au dialogue.

Elle appelle également les institutions de la République à garantir un environnement propice aux échanges démocratiques et à l’expression pluraliste des opinions.L’organisation religieuse réaffirme enfin son engagement à accompagner toutes les initiatives visant à renforcer la paix, la démocratie et la cohésion sociale en République démocratique du Congo.Vers un débat national ?Alors que les discussions autour d’une éventuelle révision constitutionnelle continuent d’alimenter le débat public, la position de l’ECC pourrait contribuer à relancer les appels en faveur d’une concertation nationale élargie. Pour de nombreux observateurs, l’intervention de cette importante confession religieuse traduit la volonté d’encourager une approche consensuelle sur une question qui touche directement à l’avenir politique et institutionnel du pays.

L’évolution de ce dossier dépendra désormais de la capacité des différents acteurs à privilégier le dialogue et à rechercher un consensus conforme aux principes constitutionnels et aux aspirations du peuple congolais.

redaction

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