
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) monte au créneau après les événements tragiques survenus lors du sit-in organisé par la Coalition Article 64 (C64) le vendredi 12 juin 2026 à Kinshasa.
Dans un rapport de monitoring rendu public ce lundi 15 juin, l’Église catholique congolaise dresse un constat alarmant sur les violences enregistrées lors de cette manifestation et formule plusieurs recommandations aux autorités.Dans ce document signé par son porte-parole, Mgr , la CENCO appelle notamment au démantèlement de la « Force du progrès », une structure présentée par plusieurs acteurs comme proche de l’. Les évêques estiment que les activités attribuées à ce groupe constituent une menace pour la paix sociale, les libertés publiques et l’image de la République démocratique du Congo.Selon le rapport, des éléments laissent penser qu’une préparation des affrontements aurait précédé les violences.
La CENCO évoque notamment une réunion tenue le 11 juin au siège de l’UDPS, au cours de laquelle des jeunes auraient été mobilisés. Les évêques affirment que des rumeurs d’affrontements circulaient déjà dans les rues avant la manifestation.Des morts, des blessés et des disparitions signaléesDans son bilan, la CENCO fait état d’au moins deux manifestants décédés au cours des incidents. Le premier aurait été tué par balle, tandis que le second aurait succombé à des coups lors d’une attaque visant notamment le siège de l’, formation politique dirigée par .
Les évêques mentionnent également plusieurs blessés ainsi que des cas de personnes portées disparues, appelant les autorités à faire toute la lumière sur ces événements.Un rappel à la neutralité de la Police nationale congolaiseDans son rapport, la CENCO interpelle également la sur son rôle républicain. Les évêques rappellent que la police ne doit pas être considérée comme un acteur politique, mais comme une institution chargée de protéger tous les citoyens sans distinction d’opinion.Pour la CENCO, le maintien de l’ordre doit se faire dans le respect des droits fondamentaux et des libertés garanties par la Constitution.Une enquête indépendante réclaméeFace aux accusations de violations des droits humains, la CENCO exige l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’identifier les responsables des violences et de permettre leur traduction devant les juridictions compétentes.Cette prise de position intervient dans un contexte où plusieurs organisations de défense des droits humains ont également demandé des éclaircissements sur les événements du 12 juin.
À travers ce rapport, les évêques congolais appellent à la responsabilité de tous les acteurs politiques et institutionnels, estimant que la préservation de la paix, de la démocratie et de l’État de droit demeure une exigence pour l’avenir de la République démocratique du Congo.
joseph Malaba