
Les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont entamé, ce jeudi à Kinshasa, une session plénière extraordinaire consacrée à la question sensible du changement ou de la révision de la Constitution de la République démocratique du Congo.
Pendant trois jours, les membres de l’épiscopat congolais vont se pencher sur cette problématique qui suscite depuis plusieurs mois de vifs débats dans la classe politique et au sein de l’opinion publique. Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par des divergences profondes entre les partisans d’une réforme constitutionnelle et ceux qui plaident pour la préservation du texte fondamental actuel.
Selon Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, la convocation de ces assises extraordinaires répond à la nécessité d’analyser la situation politique du pays et d’apporter une contribution responsable face aux tensions que provoque ce dossier.« Il s’agit d’un moment de réflexion et d’écoute », expliquent les responsables de la CENCO, qui souhaitent disposer d’une analyse approfondie avant de se prononcer officiellement sur cette question qui touche aux fondements de l’organisation politique et institutionnelle de la RDC.
Pour enrichir les discussions, l’Église catholique a décidé d’ouvrir ses travaux à plusieurs experts, notamment des constitutionnalistes et des spécialistes des questions politiques. Des personnalités issues aussi bien de la majorité au pouvoir que de l’opposition ont été associées aux échanges afin de permettre un débat contradictoire et inclusif.
Cette démarche vise à recueillir différents points de vue sur les enjeux juridiques, politiques et sociaux liés à une éventuelle modification de la Constitution. La CENCO entend ainsi jouer son rôle traditionnel d’acteur de médiation et de veille citoyenne dans les grandes questions qui engagent l’avenir du pays.
À l’issue de ces trois jours de réflexion, prévue le samedi 20 juin, l’épiscopat congolais devrait rendre publique une déclaration officielle ou une exhortation pastorale adressée à la nation congolaise.Cette prise de position est très attendue par les acteurs politiques et la société civile, alors que le débat constitutionnel continue de diviser l’opinion. Les observateurs scrutent déjà les orientations que pourraient donner les évêques dans un climat où chaque prise de parole institutionnelle est susceptible d’influencer le débat national.
À travers cette session extraordinaire, la CENCO entend contribuer à une réflexion dépassant les clivages politiques, en mettant l’accent sur la stabilité institutionnelle, la paix sociale et l’intérêt général du peuple congolais.
redaction