RDC : « Le pays va très mal, il est en danger » — La CENCO alerte sur les priorités nationales et le débat constitutionnel

Kinshasa — La tension monte autour du débat sur une éventuelle révision constitutionnelle en République démocratique du Congo. Réagissant à la position de l’Union Sacrée de la Nation, le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Mgr Donatien Nshole, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation générale du pays.« Le pays va très mal.

Le pays est en danger », a déclaré le responsable de la CENCO, estimant que la RDC traverse une période marquée par de nombreuses urgences qui nécessitent une attention particulière des autorités et de la classe politique.Mgr Donatien Nshole a dénoncé ce qu’il considère comme une « malhonnêteté intellectuelle » dans les réactions suscitées par la position des évêques sur la question constitutionnelle. Il a insisté sur le fait que la prise de position de la CENCO serait le fruit d’une réflexion unanime au sein de l’épiscopat congolais.

Pour le secrétaire général de la CENCO, le débat autour de la révision de la Constitution risque de détourner l’attention des problèmes prioritaires auxquels fait face la population, notamment la lutte contre l’épidémie d’Ebola, l’insécurité persistante dans plusieurs régions du pays ainsi que la nécessité de préserver l’unité nationale.

Abordant la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, Mgr Nshole s’est également interrogé sur l’existence éventuelle d’un « deal » entre Kinshasa et Kigali, appelant à la vigilance face aux enjeux qui touchent l’intégrité territoriale du pays.Il a par ailleurs exprimé ses inquiétudes sur l’organisation d’un éventuel référendum dans le contexte actuel, estimant qu’une telle démarche pourrait, selon lui, créer des conditions favorables à une fragmentation du territoire national.

Cette sortie de la CENCO relance le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC, alors que les positions restent fortement divergentes entre les partisans d’une réforme constitutionnelle et ceux qui appellent à préserver l’actuelle loi fondamentale.

joseph Malaba

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