Lubumbashi : des vacances scolaires sous haute vigilance, des milliers d’enfants livrés à eux-mêmes dans les rues. ( TRIBUNE

Lubumbashi, Haut-Katanga. Depuis le lancement des vacances scolaires, un phénomène attire de plus en plus l’attention dans plusieurs communes de Lubumbashi : des centaines, voire des milliers d’enfants passent leurs journées dans les rues, sur les avenues et dans les espaces publics, souvent sans la moindre surveillance d’un adulte. Une réalité qui préoccupe de nombreux habitants, éducateurs et acteurs de la société civile, lesquels appellent à un encadrement renforcé pour protéger la jeunesse durant cette période de repos scolaire.

Dans plusieurs quartiers de la capitale cuprifère, les terrains de football improvisés se multiplient au beau milieu des chaussées. Ballons, courses-poursuites, jeux collectifs et autres divertissements occupent les enfants du matin jusqu’au soir.

Si ces activités traduisent leur besoin de se divertir, elles se déroulent malheureusement dans des endroits inadaptés où circulent quotidiennement voitures, taxis-motos, tricycles et poids lourds, augmentant considérablement les risques d’accidents.Au-delà du danger routier, les spécialistes de l’éducation et de la protection de l’enfance rappellent que des vacances sans encadrement peuvent favoriser plusieurs formes de vulnérabilité.

Les enfants livrés à eux-mêmes sont davantage exposés aux mauvaises fréquentations, à la délinquance juvénile, à la consommation de substances nocives, à diverses formes de violence, mais également aux problèmes sanitaires liés à une longue exposition au soleil, au manque d’hygiène ou à une alimentation déséquilibrée.Pour de nombreux observateurs, les vacances scolaires ne devraient pas être synonymes d’abandon ou d’oisiveté.

Elles constituent au contraire une période idéale pour développer les talents des enfants, renforcer leurs connaissances et encourager leur épanouissement personnel à travers des activités éducatives, culturelles, sportives et citoyennes.Face à cette situation, plusieurs voix plaident pour une implication plus active des autorités provinciales et locales.

Les services de l’Éducation, de la Jeunesse, des Sports, de la Culture et des Affaires sociales sont invités à mettre en place des programmes de vacances adaptés aux besoins des jeunes. L’organisation de colonies de vacances, de tournois sportifs encadrés, de bibliothèques mobiles, d’ateliers de lecture, de formations artistiques, d’activités scientifiques et de séances de sensibilisation contribuerait à offrir un cadre sécurisé et enrichissant aux enfants durant cette période.

Les organisations de jeunesse, les mouvements associatifs, les ONG, les confessions religieuses ainsi que les centres culturels sont également appelés à jouer pleinement leur rôle en développant des initiatives de proximité permettant d’occuper utilement les jeunes et de renforcer les valeurs de civisme, de solidarité et de responsabilité.

Cependant, les premiers responsables demeurent les parents. Malgré leurs occupations quotidiennes, ils sont invités à suivre de près les déplacements de leurs enfants, à dialoguer avec eux et à les orienter vers des activités positives afin de prévenir tout comportement à risque.

Une vigilance familiale constante demeure essentielle pour garantir leur sécurité.Alors que la rentrée scolaire 2026-2027 approche progressivement, plusieurs citoyens espèrent voir naître une véritable politique d’encadrement des vacances scolaires à Lubumbashi.

Une telle initiative permettrait non seulement de protéger les enfants contre les nombreux dangers de la rue, mais aussi de faire de cette période un moment d’apprentissage, de découverte et de développement personnel.Les vacances scolaires doivent rester un temps de repos, d’éducation et d’épanouissement.

Leur réussite repose sur une responsabilité collective impliquant les autorités publiques, les familles, les établissements scolaires, les organisations communautaires et l’ensemble de la société afin d’offrir à chaque enfant de Lubumbashi des vacances utiles, sécurisées et porteuses d’avenir.

Jean baron

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