
La qualité du leadership politique en République démocratique du Congo continue d’alimenter le débat public. Pour l’analyste politique et libre penseur Alpha Nday Mwenze, le pays traverse une crise de gouvernance caractérisée par la prédominance des intérêts individuels sur l’intérêt général.
Dans une interview accordée ce jeudi 16 juillet 2026 au correspondant d’Alerte News à Kinshasa, il a livré une analyse critique de la classe politique congolaise tout en appelant à l’émergence d’une nouvelle génération de véritables hommes d’État.
Selon Alpha Nday Mwenze, la scène politique congolaise est dominée par des acteurs davantage préoccupés par leurs ambitions personnelles que par le développement de la nation. Il estime que cette réalité explique la multiplication des partis politiques créés non pas pour défendre une vision ou un projet de société, mais pour servir des intérêts particuliers.
L’analyste déplore également le manque de renouvellement de la classe dirigeante. À l’en croire, les mêmes personnalités continuent d’occuper les principaux postes de responsabilité, limitant ainsi l’émergence de nouvelles compétences et de nouvelles idées.« À chaque nomination, ce sont pratiquement les mêmes figures que l’on retrouve aux commandes. Cette situation freine le renouvellement de la gouvernance et ne favorise pas l’innovation politique », a-t-il fait observer.
Dans son analyse, Alpha Nday Mwenze établit une distinction entre l’homme politique et l’homme d’État. Pour lui, un homme politique agit principalement en fonction de son avenir électoral et de ses intérêts personnels, tandis qu’un homme d’État place au centre de son action le bien-être de la population et les intérêts des générations futures.
« Aujourd’hui, la République démocratique du Congo compte davantage d’hommes politiques que de véritables hommes d’État », a-t-il affirmé, appelant les dirigeants à privilégier une vision à long terme fondée sur le patriotisme, la bonne gouvernance et le développement durable.Malgré ce constat critique, Alpha Nday Mwenze reste convaincu que le pays peut changer de trajectoire.
Il estime que cet avenir repose largement sur la jeunesse congolaise, qu’il considère comme le principal moteur du renouveau politique. Il regrette toutefois que celle-ci soit confrontée à des difficultés socio-économiques qui, selon lui, limitent son engagement citoyen et politique.
Abordant enfin la marche de l’opposition annoncée pour le 22 juillet prochain, l’analyste salue l’attitude des autorités qu’il interprète comme une volonté d’encadrer cette manifestation dans le respect des lois de la République plutôt que de l’interdire.Il invite, en retour, les organisateurs et les participants à faire preuve de responsabilité afin que cette mobilisation se déroule dans le calme, sans violences ni débordements, dans le respect de l’ordre public et des libertés démocratiques.
À travers cette prise de position, Alpha Nday Mwenze relance le débat sur la qualité du leadership politique en RDC et plaide pour une gouvernance davantage tournée vers l’intérêt national, le renouvellement de la classe dirigeante et la préparation des générations futures.
Par Marie Christophe Kabunda Luaba