
Kinshasa, 19 juillet 2026 — Le ministère des Finances de la République démocratique du Congo annonce un tournant majeur dans la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard. Dans un communiqué officiel daté du 10 juin 2026, le cabinet du ministre des Finances informe l’ensemble des opérateurs du secteur de l’accélération du processus de réforme et rappelle les nouvelles obligations auxquelles ils devront désormais se conformer.
Cette réforme, pilotée par le ministère des Finances conformément aux orientations arrêtées en Conseil des ministres, vise notamment à renforcer la supervision, la transparence et la sécurisation des activités liées aux jeux d’argent et de hasard sur l’ensemble du territoire national.
Une réforme placée sous le pilotage du ministère des FinancesSelon le communiqué, le pilotage de la réforme du secteur a été confié au ministère des Finances à la suite des décisions prises lors des réunions du Conseil des ministres des 8 novembre 2024 et 11 avril 2025.
Le projet de loi relatif aux jeux d’argent et de hasard, déjà adopté en Conseil des ministres, est actuellement en cours d’examen au Parlement. En parallèle, une Cellule de Surveillance des Jeux d’Argent et de Hasard (CSJA) a été mise en place par arrêté ministériel en janvier 2026, en attendant l’installation prochaine de l’Autorité de Régulation des Jeux d’Argent (ARJA).La CSJA constitue désormais un cadre de coordination et de pilotage de la réforme. Elle regroupe plusieurs institutions publiques concernées par le secteur, notamment le ministère du Portefeuille, la Société Nationale de Loterie (SONAL), les services de sécurité, la Banque Centrale du Congo (BCC), ainsi que l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC).
Une plateforme nationale de régulation en cours de déploiement
Au cœur de cette réforme figure également la mise en place d’une plateforme nationale de régulation et de supervision du secteur des jeux d’argent et de hasard.D’après le ministère, cette plateforme est actuellement en cours de déploiement avec l’appui d’un partenaire technique sélectionné conformément aux procédures légales et réglementaires applicables aux marchés publics en RDC.
Le contrat entre le Gouvernement et ce partenaire aurait été conclu après l’obtention des avis de non-objection requis, précise le communiqué.Le ministère souligne par ailleurs que la plateforme en cours d’implémentation fait l’objet d’une certification ISO/IEC 27001:2022, une norme internationale consacrée notamment à la gestion de la sécurité de l’information. L’objectif affiché est de renforcer la protection des données et des systèmes informatiques contre les risques de perte, de vol, d’altération ou d’intrusion.
Les opérateurs de jeux appelés à intégrer la plateforme nationale
Le communiqué fait également état de l’intégration technique réussie de la majorité des établissements de monnaie électronique à la nouvelle plateforme.L’intégration des opérateurs spécialisés dans les jeux d’argent et de hasard se poursuit, conformément au calendrier établi par la CSJA.
Le ministère des Finances fixe par ailleurs une échéance importante : la phase pilote de la réforme prendra fin le 30 août 2026.À l’issue de cette période, les opérateurs qui n’auront pas entrepris les démarches requises pour se conformer au nouveau dispositif s’exposeront à des mesures administratives et à des sanctions prévues par les lois et règlements en vigueur.
Une dérogation annoncée pour les opérateurs déjà intégrés
Le ministère apporte toutefois une précision importante aux opérateurs qui auront effectivement intégré la plateforme nationale.Ces derniers bénéficieront d’une dérogation concernant la mise en conformité de la facturation normalisée et seront exemptés de l’application des sanctions prévues dans le cadre de la réforme.
Cette mesure apparaît comme une incitation adressée aux acteurs du secteur afin de les encourager à intégrer rapidement le nouveau système national de régulation et de supervision.
Mise en garde contre les initiatives parallèles
Dans son communiqué, le ministère des Finances met également en garde contre toute initiative parallèle qui ne serait pas conforme aux décisions prises par le Conseil des ministres.Le document rappelle que le Conseil des ministres demeure l’instance compétente en matière de discussion, de concertation et de décision du Gouvernement, conformément aux dispositions légales citées dans le communiqué.
En conséquence, les partenaires et opérateurs du secteur sont invités à la prudence et appelés à ne pas conclure de contrats avec une structure de l’État qui n’aurait pas reçu un mandat exprès du Conseil des ministres.
Cette mise en garde vise à éviter la multiplication d’initiatives non coordonnées et à garantir que la réforme soit conduite dans un cadre institutionnel unique et clairement défini.Les sociétés invitées à se faire identifier avant le 31 juilletAutre mesure annoncée : toutes les sociétés opérant dans le secteur des jeux d’argent et de hasard sont tenues de s’identifier auprès des autorités compétentes.
Le ministère cite notamment les acteurs intervenant dans les paris sportifs, casinos, loteries, concours de pronostics et autres activités assimilées.Ces entreprises sont invitées à remplir le formulaire prévu à cet effet et à le transmettre au plus tard le 31 juillet 2026, par voie électronique, à l’adresse indiquée dans le communiqué officiel du ministère des Finances.
Vers un secteur davantage encadré
À travers cette réforme, le Gouvernement congolais entend renforcer la maîtrise d’un secteur en pleine expansion, tout en mettant en place un cadre réglementaire plus structuré pour les différents opérateurs.
La digitalisation du contrôle, l’intégration des opérateurs à une plateforme nationale, la sécurisation des données et la future mise en place de l’ARJA devraient constituer les principaux piliers de cette nouvelle architecture réglementaire.
Avec la fin de la phase pilote annoncée pour le 30 août 2026, les prochaines semaines s’annoncent donc décisives pour les acteurs du secteur. Le ministère des Finances entend ainsi faire respecter le calendrier de la réforme et accélérer la mise en conformité de l’ensemble des opérateurs exerçant dans le domaine des jeux d’argent et de hasard en République démocratique du Congo.
Joseph Malaba