
Kananga, 21 juillet 2026 – Scène inhabituelle au cœur de la ville de Kananga. Ce mardi, plusieurs grands carrefours de la capitale du Kasaï Central se sont retrouvés sans agents de la Police de Circulation Routière (PCR), contraignant des conducteurs de motos-taxis, communément appelés Wewa, à assurer eux-mêmes la régulation de la circulation afin d’éviter un engorgement et de limiter les risques d’accidents.

Au Grand Marché, à la Gare, sur l’avenue Lulua, au rond-point Notre-Dame ainsi qu’à d’autres points stratégiques de la ville, des mototaximen ont été aperçus en train de diriger les automobilistes, les motocyclistes et les piétons, reproduisant les gestes habituellement effectués par les policiers de la circulation.> « La police n’est pas là. Si nous ne faisons rien, la circulation va complètement se bloquer.
Nous aidons simplement pour éviter les accidents », a confié un conducteur de moto-taxi rencontré au carrefour Saint-Clément.Cette situation exceptionnelle intervient seulement vingt-quatre heures après les violents incidents enregistrés lundi entre des mototaximen, des éléments de la Police de Circulation Routière et des militaires de l’Auditorat militaire du Kasaï Occidental démembré.Selon plusieurs témoins, les affrontements auraient été provoqués par des différends liés aux contrôles routiers, aux tracasseries et aux arrestations de motos sur la voie publique.
Si les circonstances exactes restent encore à établir, aucun bilan officiel des incidents n’a été communiqué jusqu’à présent par les autorités compétentes.Depuis ces échauffourées, la présence des policiers de la circulation est quasiment inexistante sur les principaux axes routiers de Kananga, créant un vide dans la régulation du trafic.

Face à cette situation, les mototaximen ont spontanément pris l’initiative d’assurer un minimum d’ordre pour éviter le chaos dans une ville où la circulation est particulièrement dense aux heures de pointe.Cette absence prolongée des forces chargées de la circulation suscite toutefois des inquiétudes parmi les habitants.
Si plusieurs citoyens saluent l’esprit civique des conducteurs de motos, beaucoup estiment que cette mission relève exclusivement des services de l’État.> « C’est une bonne chose que les Wewa cherchent à aider, mais ce n’est pas leur rôle. En cas d’accident grave ou d’incident majeur, qui assumera la responsabilité ? », s’interroge une commerçante du marché central.
Jusqu’à la publication de cet article, le commandement provincial de la Police de Circulation Routière du Kasaï Central n’avait pas encore réagi à cette absence remarquée sur les grands carrefours de la ville ni aux interrogations soulevées par la population.
En attendant une communication officielle, les habitants de Kananga espèrent un retour rapide des agents de la PCR afin de rétablir un encadrement normal de la circulation et d’éviter que cette situation exceptionnelle ne compromette davantage la sécurité routière.
Rédaction | GILBERT KABONGO