Lubumbashi : le retour des enfants de la rue au centre-ville relance le débat sur l’efficacité des opérations de déguerpissement

À peine quelques jours après les opérations de déguerpissement menées en prélude à l’arrivée du président de la République, Félix Tshisekedi, les enfants en rupture des liens familiaux, communément appelés « enfants de la rue », réapparaissent dans plusieurs points stratégiques du centre-ville de Lubumbashi.

Cette résurgence suscite de nombreuses interrogations sur la pérennité des mesures mises en place par les autorités provinciales.Depuis deux jours, plusieurs groupes d’enfants sont de nouveau visibles dans des endroits très fréquentés de la capitale du Haut-Katanga. Parmi les sites concernés figure la place de la Poste, où le rond-point du Robot est redevenu leur principal lieu de rassemblement, selon des témoignages recueillis sur place.Avant l’arrivée du chef de l’État, le ministère provincial du Genre, Famille et Enfant avait pourtant lancé une vaste campagne visant à retirer ces enfants des artères principales de la ville. Cette initiative s’inscrivait dans le cadre de l’assainissement urbain et de la protection des enfants vivant dans la rue, avec l’objectif affiché de leur offrir un meilleur encadrement.

Cependant, la réapparition rapide de ces jeunes laisse penser que les opérations de déguerpissement n’ont pas permis d’apporter une solution durable au phénomène. Pour plusieurs observateurs, le problème dépasse le simple déplacement des enfants et nécessite une véritable politique de réinsertion sociale, d’accompagnement psychologique et de réunification familiale.

La société civile locale déplore également l’absence d’intervention des autorités urbaines et provinciales face à cette situation. Elle estime que le retour de ces enfants au cœur de Lubumbashi ternit l’image de la ville, notamment sur l’un de ses espaces les plus emblématiques, la place de la Poste.

Des acteurs de la protection de l’enfance rappellent que la problématique des enfants vivant dans la rue est avant tout une question sociale. Ils plaident pour des réponses structurelles, incluant l’accueil dans des centres spécialisés, l’accès à l’éducation, la formation professionnelle et un accompagnement des familles en difficulté, afin de prévenir les retours récurrents dans la rue.

En attendant une nouvelle réaction des autorités, la présence grandissante de ces enfants dans les principales artères du centre-ville continue d’alimenter les inquiétudes des habitants et des organisations de la société civile, qui appellent à des solutions durables conciliant protection de l’enfance, sécurité publique et préservation de l’image de Lubumbashi.

JOSEPH MALABA

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