
La situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante dans la chefferie de Babila-Babombi, territoire de Mambasa, en Ituri. Selon un rapport de monitoring de l’APDEF Mambasa, 48 attaques attribuées aux combattants des ADF y ont été enregistrées entre le 6 mai et le 13 août 2026. Ces violences auraient fait 307 morts, tandis que 103 personnes restent portées disparues.
La chefferie de Babila-Babombi continue de payer un lourd tribut à l’insécurité qui sévit dans le territoire de Mambasa. D’après les données compilées par l’APDEF Mambasa, plusieurs localités de cette entité coutumière ont été touchées par des attaques attribuées aux ADF au cours des derniers mois.
Au total, 48 attaques ont été recensées sur la période allant du 6 mai au 13 août 2026, selon cette organisation qui assure un suivi de la situation sur le terrain.Cinq groupements particulièrement touchésLes violences documentées concernent notamment cinq groupements de la chefferie de Babila-Babombi : Bangole, Bakaheku, Babila-Teturi, Mambembe et Bapongomo.
Ces attaques auraient occasionné d’importantes pertes en vies humaines ainsi que des dégâts matériels considérables. Le bilan communiqué par l’APDEF fait état de 307 personnes tuées et de 103 autres portées disparues.Au-delà des pertes humaines, plusieurs biens appartenant aux populations civiles auraient également été détruits ou emportés lors de ces incursions.
Des habitations et des motos incendiées
Selon les mêmes données, 216 maisons ont été incendiées, tandis que 24 motos auraient également été brûlées. À cela s’ajoutent plusieurs cas de pillage de biens, aggravant davantage la précarité des populations affectées.Pour de nombreuses familles, ces violences se traduisent ainsi par la perte de proches, la destruction des habitations et des moyens de déplacement, mais aussi par l’abandon des activités économiques et agricoles.
Près de 10 000 personnes déplacéesL’impact humanitaire de cette situation est également considérable. L’APDEF Mambasa estime à environ 10 000 le nombre de personnes contraintes de quitter leurs villages en raison de la dégradation de la situation sécuritaire.
Ces déplacements massifs exposent les populations à de nouvelles difficultés, notamment en matière d’accès au logement, à la nourriture, aux soins de santé et à l’éducation.Dans plusieurs zones touchées par les violences, les habitants vivent désormais dans la peur de nouvelles attaques et sont contraints de rechercher des endroits jugés plus sûrs.
L’APDEF appelle à renforcer la sécurité
Face à cette situation, l’APDEF Mambasa appelle les autorités compétentes à renforcer les dispositifs sécuritaires dans les zones affectées afin de protéger les populations civiles et leurs biens.L’organisation estime que des mesures plus efficaces doivent être prises pour prévenir de nouvelles attaques, sécuriser les axes de déplacement et permettre aux populations déplacées de retrouver progressivement leurs villages.
Elle insiste également sur la nécessité d’un suivi permanent de la situation afin de mieux documenter les violences et leurs conséquences sur les communautés locales.Un bilan encore provisoireL’APDEF précise toutefois que les chiffres avancés dans son monitoring restent provisoires.
Le bilan pourrait donc évoluer au fur et à mesure que de nouvelles informations seront recueillies, recoupées et vérifiées auprès des sources présentes dans les zones concernées.La situation à Babila-Babombi illustre ainsi la persistance de l’insécurité dans certaines parties du territoire de Mambasa, où les populations civiles demeurent fortement exposées aux violences et à leurs conséquences humanitaires.
Héritier Bin-Musayi Le Bulldozer