
Kinshasa — Le dialogue national voulu par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ne commencera pas à Kinshasa. Dans son adresse à la Nation du jeudi 27 août 2026, le chef de l’État a annoncé une démarche en plusieurs étapes, avec des consultations préliminaires organisées dans les chefs-lieux des provinces avant la tenue des assises nationales dans la capitale.
Selon les orientations présentées par Félix Tshisekedi, Kinshasa constituera l’aboutissement du processus et non son point de départ. L’objectif affiché est de faire remonter les préoccupations des différentes composantes de la société congolaise afin de construire une synthèse nationale destinée à alimenter les travaux du dialogue.
Des forums préliminaires dans les provinces
La première étape consistera en l’organisation de forums préliminaires au niveau provincial. Ces rencontres devraient réunir une diversité d’acteurs afin de permettre à chaque province de faire entendre ses priorités et ses propositions.
Sont notamment concernés les populations, les autorités locales, les députés nationaux et sénateurs élus dans les provinces, ainsi que les représentants des entités territoriales décentralisées et des services déconcentrés de l’État.
Les formations et regroupements politiques de la majorité comme de l’opposition, la société civile, les autorités coutumières et les confessions religieuses sont également appelés à prendre part à cette phase préparatoire.
À cette liste s’ajoutent les représentants des milieux professionnels, économiques, universitaires et scientifiques.
Cette approche vise ainsi à élargir le processus au-delà des seuls acteurs politiques, dans l’objectif de recueillir des propositions provenant de différentes couches de la société congolaise.
Chaque composante appelée à formuler ses priorités
Au cours de ces consultations, chaque entité représentée sera appelée à présenter ses priorités, préoccupations et propositions.
L’ensemble de ces contributions devra ensuite être compilé dans un document de synthèse nationale. Ce document servira de base aux discussions lors des assises prévues à Kinshasa.
Le mécanisme présenté par le président de la République entend donc établir une chaîne entre les consultations locales et les discussions nationales : les préoccupations exprimées dans les provinces devront être consolidées avant d’être soumises aux participants aux assises nationales.
Un comité d’organisation attendu dans les prochains jours
Pour encadrer ce processus, Félix Tshisekedi a annoncé la prise prochaine d’une ordonnance présidentielle portant création du « comité d’organisation du dialogue national pour la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État ».
Cette structure aura notamment pour mission d’assurer la préparation administrative, matérielle et logistique du dialogue.
Elle devra également veiller à la réunion des différents préalables jugés indispensables à la bonne tenue des assises nationales.
Une deuxième ordonnance présidentielle devrait, pour sa part, préciser les principes directeurs du dialogue, ses principales étapes, les modalités de représentation des différentes composantes ainsi que les mécanismes de suivi et de mise en œuvre des conclusions.
La question de la représentativité au cœur du processus
Le choix d’entamer le processus dans les provinces intervient alors que l’idée d’un dialogue national suscite déjà des réactions contrastées dans la classe politique congolaise.
Pour le pouvoir, cette démarche doit permettre de créer un cadre susceptible de favoriser la cohésion nationale et de dégager des pistes de solutions aux crises qui affectent le pays.
Mais la composition, les critères de participation et le degré d’inclusivité du processus pourraient constituer des points majeurs de discussion entre les différents protagonistes politiques.
La participation effective de l’opposition, de la société civile et des autres forces sociales sera notamment déterminante pour la crédibilité des conclusions qui sortiront des assises de Kinshasa.
Un processus présenté comme une démarche de paix et de refondation de l’État
Dans son adresse, Félix Tshisekedi inscrit ce dialogue dans une perspective plus large de paix, de cohésion nationale et de refondation de l’État.
L’initiative intervient dans un contexte national marqué par de profondes divisions politiques et par la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Le chef de l’État entend ainsi faire du dialogue un cadre de réflexion sur l’avenir du pays, tout en donnant aux différentes composantes de la Nation la possibilité de soumettre leurs propositions.
Reste désormais à voir comment seront définies les modalités pratiques de participation et surtout dans quelle mesure les principales forces politiques accepteront d’adhérer à ce schéma.
Une chose est cependant claire : selon le calendrier annoncé par Félix Tshisekedi, le dialogue national ne sera pas directement lancé à Kinshasa. Il devra d’abord passer par les provinces, dont les contributions sont appelées à constituer la matière première des assises nationales.
REDACTION