RDC : Moïse Kawaya, cadre de la C64, rejette le dialogue national et appelle à une mobilisation massive le 15 septembre

Depuis l’étranger, Moïse Kawaya, président fédéral d’Ensemble pour la République et membre de la Coalition Article 64 (C64), a livré ce samedi 29 août 2026 son analyse du discours du président Félix Tshisekedi sur la situation politique du pays. Dans cette intervention, il affirme que la C64 ne participera pas au dialogue national annoncé par le Chef de l’État et réitère l’appel à une mobilisation populaire le 15 septembre prochain.

Dans son analyse, dont un extrait est présenté en vidéo, Moïse Kawaya estime que le discours présidentiel n’a pas répondu aux attentes d’une partie de la population congolaise. Selon lui, les annonces faites par Félix Tshisekedi ne seraient pas de nature à apaiser les inquiétudes exprimées autour de la situation politique et institutionnelle du pays.

La C64 maintient sa ligne face au dialogue

Pour Moïse Kawaya, la position de la C64 est désormais claire : la coalition ne compte pas prendre part au dialogue national annoncé par le président de la République.

Cette position intervient alors que la question d’un dialogue national occupe une place centrale dans le débat politique congolais. La C64 a déjà fait savoir publiquement qu’elle rejetait le processus annoncé par Félix Tshisekedi et qu’elle maintenait son appel à une marche nationale le 15 septembre 2026.

La coalition considère notamment que les enjeux liés à la Constitution et à l’avenir institutionnel de la RDC doivent rester au cœur de la mobilisation politique.

« Kabila et Nangaa doivent participer au dialogue », insiste Moïse Kawaya

Dans son intervention, le responsable d’Ensemble pour la République insiste également sur la nécessité, selon lui, d’une participation de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa au processus de dialogue.

Cette déclaration intervient dans un contexte où les contours et les participants au futur dialogue national font l’objet de fortes divergences entre les différentes composantes de la classe politique congolaise.

Pour Moïse Kawaya, un dialogue présenté comme national ne devrait pas, selon son analyse, exclure certaines figures ou composantes politiques majeures. Il défend ainsi une approche qu’il veut plus inclusive, susceptible, selon lui, de permettre aux différentes sensibilités politiques de faire entendre leurs revendications.

Rendez-vous fixé au 15 septembre

Au-delà du rejet du dialogue annoncé, le cadre de la C64 appelle à une participation massive à la manifestation prévue le 15 septembre sur l’ensemble du territoire national.

La C64 avait déjà annoncé cette mobilisation après l’expiration, le 15 août dernier, de l’ultimatum qu’elle avait adressé au pouvoir. La coalition avait alors décidé de reprendre ses actions citoyennes et de tenir une marche pacifique à l’échelle nationale.

À Kinshasa, plusieurs points de rassemblement doivent être déterminés avec pour objectif de converger vers le Palais du peuple. La coalition présente cette mobilisation comme une nouvelle étape de sa contestation politique, notamment contre tout projet de modification de l’ordre constitutionnel.

Une nouvelle séquence de tension politique

La sortie de Moïse Kawaya vient ainsi renforcer le bras de fer entre une partie de l’opposition regroupée au sein de la C64 et le pouvoir en place.

Alors que le président Félix Tshisekedi défend l’ouverture d’un dialogue destiné à aborder les questions liées à la paix, à la cohésion et à la refondation de l’État, la C64 maintient ses réserves et entend poursuivre sa mobilisation.

La coalition accuse notamment le pouvoir de vouloir utiliser la situation sécuritaire et la détresse sociale comme éléments de diversion par rapport aux préoccupations institutionnelles. Elle réaffirme parallèlement son opposition à tout changement de Constitution et à un éventuel troisième mandat présidentiel.

Dans ce contexte, le 15 septembre apparaît désormais comme une date majeure dans le calendrier politique congolais. La mobilisation annoncée par la C64 permettra de mesurer sa capacité à transformer ses mots d’ordre politiques en mobilisation populaire sur l’ensemble du territoire.

Moïse Kawaya, qui s’exprimait ce samedi 29 août depuis l’étranger, appelle donc ses partisans et, plus largement, les Congolais à se mobiliser autour de cette échéance, tout en réaffirmant que la C64 ne souhaite pas prendre part au dialogue dans sa configuration actuelle.

JOSEPH MALABA

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