
Kasaï Central : La ville de Kananga est sous haute surveillance ce jeudi 10 septembre 2026, à la suite de l’interdiction de la marche annoncée par la Dynamique Congo 64 (C64). Un important dispositif de la Police nationale congolaise (PNC) a été déployé au rond-point Notre-Dame ainsi qu’à plusieurs points stratégiques de la ville, dans le but d’empêcher la tenue de cette manifestation de l’opposition.
Selon les informations rapportées par Gilbert Kabongo, la présence policière était particulièrement visible au rond-point Notre-Dame dès les premières heures de la matinée. Des éléments de la PNC ont également été positionnés dans différents endroits stratégiques de la ville, traduisant le renforcement des mesures de sécurité autour de cette mobilisation annoncée.
Cette opération intervient dans un contexte de tensions politiques autour de la décision de l’autorité urbaine d’interdire la manifestation.
La mairie invoque des raisons sécuritaires
D’après l’arrêté de la mairie de Kananga, la marche projetée par la C64 a été interdite pour des raisons sécuritaires.
Cette décision vise, selon l’autorité urbaine, à prévenir d’éventuels troubles à l’ordre public dans la capitale provinciale du Kasaï Central.
Le déploiement des forces de l’ordre au centre-ville s’inscrit ainsi dans le cadre des mesures prises pour faire respecter cette interdiction. La mobilisation policière concerne notamment le rond-point Notre-Dame, présenté comme l’un des principaux points de rassemblement envisagés par les organisateurs.
Toutefois, cette interdiction ne semble pas avoir convaincu les responsables de l’opposition, qui maintiennent leur appel à manifester.
La C64 maintient son appel à manifester
Malgré la décision de la mairie, la Dynamique Congo 64 entend maintenir sa mobilisation.
Du côté de l’opposition, l’interdiction de la marche est considérée comme une atteinte au droit de manifester, reconnu et garanti par la Constitution de la République démocratique du Congo.
Cette position traduit le désaccord entre les organisateurs de la manifestation et les autorités urbaines sur les conditions d’exercice des libertés publiques.
Pour la C64, la mobilisation constitue un moyen d’expression politique et de revendication. Pour les autorités locales, en revanche, les préoccupations sécuritaires justifient l’interdiction de la marche.
Ce bras de fer place ainsi les autorités de Kananga face à un double enjeu : faire respecter la décision administrative tout en préservant les libertés fondamentales et la tranquillité publique.
Une circulation perturbée au centre-ville
Sur le terrain, la situation demeure tendue dans le centre-ville de Kananga, où la présence des forces de sécurité et les mouvements liés à la manifestation annoncée perturbent la circulation.
Les usagers de la route et les habitants de cette partie de la ville sont confrontés à des difficultés de déplacement, alors que les policiers occupent plusieurs points stratégiques.
Le renforcement du dispositif sécuritaire témoigne de la vigilance des autorités face aux risques de rassemblements malgré l’interdiction.
À ce stade, aucun bilan officiel faisant état de personnes interpellées ou de blessés n’a été communiqué dans les informations disponibles.
Une journée sous surveillance
L’évolution de la situation dépendra notamment de la réaction des organisateurs de la C64 face au dispositif policier déployé dans la ville.
Le maintien de l’appel à manifester, conjugué à l’interdiction prononcée par la mairie, fait planer le risque de nouvelles tensions dans la capitale provinciale du Kasaï Central.
Les prochaines heures seront donc déterminantes pour connaître l’issue de cette confrontation entre les autorités urbaines et les acteurs de l’opposition.
Dans ce contexte, la préservation de l’ordre public, la sécurité des personnes et des biens ainsi que le respect des droits constitutionnels demeurent au cœur des préoccupations.
Source : Gilbert Kabongo
Kananga, Kasaï Central