RDC : Kalev Mutond, l’ancien « super flic » de Kabila, est mort à Paris

L’ancien administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR), Kalev Mutond, est décédé ce lundi à Paris, en France, selon une source familiale. Figure incontournable des services de renseignement sous Joseph Kabila, il aura dirigé l’ANR pendant près de huit ans, avant de devenir l’un des hommes les plus controversés de l’ancien régime.

La République démocratique du Congo perd l’une des figures les plus énigmatiques de son appareil sécuritaire. Kalev Mutond, ancien administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR), est décédé ce lundi à Paris, où il se trouvait depuis quelque temps, selon une source familiale contactée ce matin.

À ce stade, les circonstances exactes de son décès n’ont pas été précisées. Les proches de l’ancien patron des renseignements n’ont pas encore communiqué publiquement sur les causes de sa disparition.

Près de huit ans à la tête de l’ANR

Originaire du sud du Katanga, Kalev Mutond avait effectué l’essentiel de sa carrière au sein des services de renseignement congolais. Son ascension s’est accélérée jusqu’à sa nomination, en octobre 2011, à la tête de l’Agence nationale de renseignements.

Il restera près de huit années aux commandes de cette institution stratégique, faisant de lui l’un des responsables ayant exercé le plus longtemps la direction de l’ANR.

Dans un pays où les services de renseignement occupent une place centrale dans la gestion des questions politiques et sécuritaires, Kalev Mutond disposait d’une influence considérable. Son nom était devenu indissociable des années Joseph Kabila, dont il était considéré comme l’un des hommes de confiance.

À Kinshasa comme dans les milieux diplomatiques, il était parfois présenté comme le « super flic », en raison de son poids au sein de l’appareil sécuritaire et de sa capacité à peser sur les dossiers sensibles.

Un homme au cœur du système Kabila

Durant son passage à la tête de l’ANR, Kalev Mutond s’est retrouvé au centre de plusieurs épisodes majeurs de la vie politique congolaise.

Son mandat a notamment couvert une période marquée par de fortes tensions politiques, des manifestations, des débats autour de la fin du deuxième mandat de Joseph Kabila et le processus électoral ayant finalement conduit à l’alternance de 2019.

Pour ses détracteurs, l’ANR de cette période incarnait les dérives sécuritaires de l’ancien régime. Ses défenseurs, eux, considéraient l’ancien administrateur général comme un responsable chargé de préserver la stabilité de l’État dans un contexte particulièrement tendu.

Cette image contradictoire accompagnera Kalev Mutond jusqu’à la fin de sa carrière publique.

Sanctions américaines et européennes

Son parcours international avait également été lourdement affecté par les accusations portées contre lui.

En 2016, les États-Unis avaient annoncé des sanctions à son encontre. L’Union européenne avait pris des mesures similaires en 2017, dans le cadre de sanctions visant plusieurs responsables congolais accusés d’être impliqués dans des violations des droits humains ou dans la répression politique.

Ces sanctions ont contribué à renforcer l’image d’un responsable sécuritaire puissant mais controversé, dont le nom était régulièrement cité dans les dossiers liés aux libertés publiques et aux opérations des services de renseignement.

Après Kabila, la justice congolaise à ses trousses

L’alternance politique de 2019 n’a pas totalement refermé le chapitre Kalev Mutond.

Après l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, l’ancien patron de l’ANR s’est retrouvé confronté à des procédures judiciaires en République démocratique du Congo. Il avait notamment été accusé de faits présumés de torture et d’arrestations arbitraires, accusations qu’il avait contestées.

Un avis de recherche avait également été émis contre lui avant d’être suspendu en août 2023.

Cette séquence judiciaire avait marqué un tournant dans la trajectoire de celui qui, quelques années auparavant, figurait parmi les hommes les plus puissants et les plus redoutés de l’appareil d’État.

Une disparition qui ouvre une nouvelle page

Avec la mort annoncée de Kalev Mutond, c’est une page particulièrement sensible de l’histoire récente des services de renseignement congolais qui se tourne.

Pendant près d’une décennie, son nom aura été associé à l’ANR, à Joseph Kabila et aux rapports de force qui ont traversé la RDC durant les dernières années de l’ancien régime.

Mais au-delà de son influence et des controverses qui ont jalonné sa carrière, de nombreuses zones d’ombre entourent encore certains épisodes de son parcours.

Son décès à Paris pourrait ainsi raviver les interrogations sur l’homme qui, pendant près de huit ans, a été l’un des principaux gardiens des secrets de l’État congolais.

Pour l’heure, aucune information officielle détaillée n’a encore été communiquée sur les circonstances de sa disparition. Une confirmation formelle ainsi que les précisions de la famille sont attendues.

REDACTION

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