RDC : l’Assemblée nationale somme les députés de prouver leurs réalisations sur le terrain

À Kinshasa, le Bureau de l’Assemblée nationale demande aux députés nationaux de documenter les réalisations qu’ils revendiquent dans leurs circonscriptions. Photos, vidéos, nature des ouvrages et coûts financiers figurent parmi les éléments exigés, avec une échéance fixée au 15 octobre 2026.

Le Bureau de l’Assemblée nationale veut davantage de transparence sur les actions menées par les élus nationaux dans leurs circonscriptions. Dans une correspondance datée du 5 octobre 2026, les députés sont invités à fournir des éléments concrets permettant de documenter les réalisations qu’ils ont effectuées au profit de leurs bases électorales.

La démarche est portée par le rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli Eseng’Ekeli, qui demande aux élus de transmettre les informations et supports nécessaires à l’établissement d’un état des lieux des réalisations enregistrées dans leurs différentes circonscriptions.

Des preuves pour étayer les réalisations

L’Assemblée nationale ne souhaite visiblement plus se limiter aux déclarations des parlementaires. Les députés sont appelés à fournir notamment des photographies et vidéos des réalisations, mais aussi des informations précises sur leur nature et leur coût.

Les initiatives concernées peuvent notamment porter sur la construction ou la réhabilitation d’écoles, de centres de santé, de routes, de ponts ou encore sur différentes actions à caractère social, humanitaire et socio-économique.

L’objectif est de disposer d’une documentation suffisamment précise pour permettre au Bureau de la Chambre basse du Parlement d’avoir une meilleure visibilité sur les actions revendiquées par les élus dans leurs circonscriptions.

Une échéance fixée au 15 octobre

Les députés nationaux disposent d’un délai jusqu’au jeudi 15 octobre 2026 pour transmettre les éléments demandés.

Cette échéance intervient alors que la question de la reddition de comptes des parlementaires fait l’objet d’une attention particulière au sein de l’Assemblée nationale.

Quelques jours auparavant, le dépôt des rapports de vacances parlementaires avait déjà suscité des interrogations. Selon les données communiquées à cette période, seuls 163 rapports sur les 500 attendus avaient été déposés dans le délai prévu.

Or, le règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit que les élus rendent compte de la situation de leurs circonscriptions après leurs vacances parlementaires.

Au-delà des infrastructures, le rôle du député en question

Cette initiative remet également au centre du débat la question du rôle du député national dans sa circonscription.

Le mandat parlementaire consiste notamment à légiférer, représenter la population et contrôler l’action du gouvernement. Dans la pratique, cependant, les élus sont régulièrement évalués par leurs électeurs sur la base des actions visibles qu’ils réalisent ou qu’ils contribuent à financer dans leurs territoires.

Écoles, centres de santé, forages, routes, ponts, aides sociales ou encore actions humanitaires sont ainsi fréquemment mis en avant par les parlementaires pour rendre compte de leur mandat.

La démarche du Bureau de l’Assemblée nationale pourrait permettre de mieux distinguer les initiatives personnelles des députés des projets relevant directement de l’État, des provinces, des partenaires techniques et financiers ou des organisations non gouvernementales.

La question de la vérification

Reste toutefois un enjeu majeur : la vérification des informations transmises.

La production de photographies ou de vidéos peut attester de l’existence d’une réalisation, mais elle ne permet pas toujours de déterminer qui l’a financée, quel a été le rôle exact du député ou encore le coût réel du projet.

La crédibilité de cette opération dépendra donc en grande partie de la capacité des services compétents à vérifier les informations communiquées par les élus.

Cette démarche pourrait, si elle est poursuivie dans le temps, contribuer à instaurer davantage de traçabilité dans la présentation des bilans parlementaires.

Vers une culture renforcée de la reddition de comptes

En exigeant des preuves concrètes, l’Assemblée nationale semble vouloir encourager une nouvelle culture de reddition de comptes au sein de la représentation nationale.

Pour les députés, l’exercice constitue désormais une occasion de présenter de manière documentée le bilan de leurs actions dans leurs circonscriptions.

Avec la date du 15 octobre 2026 comme échéance, les élus sont donc invités à passer des déclarations aux éléments vérifiables.

Une démarche qui pourrait, à terme, nourrir le débat sur l’évaluation du travail parlementaire et sur la nécessité d’une plus grande transparence entre les élus et les populations qu’ils représentent.

AlerteNews Impartialité dans la diffusion de l’information — Rapidité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *