
L’ancien président kényan Uhuru Kenyatta poursuit ses consultations diplomatiques dans la région des Grands Lacs. Après une étape à Goma auprès de responsables de l’AFC/M23, le facilitateur de l’Union africaine s’est entretenu à Kigali avec le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe. Une nouvelle séquence qui illustre la volonté de l’UA de rapprocher les positions autour de la crise dans l’est de la RDC.

La diplomatie africaine poursuit ses efforts pour tenter de débloquer le processus de paix dans l’est de la République démocratique du Congo. Figure centrale du Panel des facilitateurs de l’Union africaine, l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta multiplie les consultations auprès des principaux acteurs impliqués dans la crise sécuritaire et politique qui déstabilise la région.
Après son déplacement à Goma, où il s’est entretenu avec la direction politique de l’AFC/M23, Uhuru Kenyatta a été reçu à Kigali par Olivier Nduhungirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Plusieurs hauts responsables du gouvernement rwandais ont également pris part aux échanges.
Kigali au cœur des consultations
Les discussions ont principalement porté sur le travail engagé par le Panel des facilitateurs de l’UA et sur les différentes initiatives destinées à faire progresser le processus de paix dans l’est de la RDC.
Cette rencontre intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible. La crise dans l’est du territoire congolais demeure au centre des préoccupations régionales et internationales, alors que plusieurs mécanismes de médiation tentent de créer les conditions d’une désescalade durable.
La rencontre de Kigali intervient ainsi après celle tenue à Goma le 5 octobre, au cours de laquelle la délégation du Panel de l’Union africaine avait échangé avec la direction politique de l’AFC/M23, conduite par Corneille Nangaa.
Les discussions avaient notamment porté sur l’évolution du processus de paix et sur les possibilités de parvenir à une solution politique à la crise qui frappe depuis plusieurs années l’est de la RDC.
L’UA veut rapprocher les positions
À travers ces consultations successives, le Panel des facilitateurs cherche à mieux comprendre les positions des différentes parties et à identifier les points susceptibles de permettre une reprise effective du dialogue.
L’enjeu est de parvenir à rapprocher des acteurs dont les positions restent profondément divergentes, tout en favorisant une dynamique susceptible de conduire à une réduction des tensions sur le terrain.
La démarche de l’Union africaine s’inscrit dans un paysage diplomatique marqué par la multiplication des initiatives de paix consacrées à la RDC et à la stabilité de la région des Grands Lacs.
Pour l’organisation panafricaine, l’objectif consiste notamment à contribuer à la coordination de ces différentes démarches afin d’éviter leur dispersion et de renforcer les chances d’aboutir à des résultats concrets.
Uhuru Kenyatta, un rôle de facilitateur
Ancien chef de l’État kényan, Uhuru Kenyatta dispose d’une expérience importante en matière de médiation politique dans la région. Son implication dans le processus congolais traduit la volonté de l’Union africaine de mobiliser d’anciens dirigeants africains pour faciliter les discussions entre les différentes parties.
Le Panel des facilitateurs de l’UA, composé de cinq anciens chefs d’État africains, a précisément pour mission d’appuyer les efforts de médiation et de contribuer à la coordination des initiatives visant à restaurer durablement la paix dans l’est de la RDC.
Les consultations menées ces derniers jours constituent donc une nouvelle étape dans cette démarche.
Une équation diplomatique toujours complexe
Malgré la multiplication des initiatives, la recherche d’une solution à la crise dans l’est congolais reste confrontée à une équation diplomatique complexe. Les questions sécuritaires, politiques et régionales sont étroitement imbriquées, rendant indispensable l’implication des différents acteurs concernés.
En poursuivant ses consultations entre Goma et Kigali, Uhuru Kenyatta entend ainsi contribuer à maintenir ouvert le canal du dialogue et à créer les conditions d’un rapprochement des positions.
Reste désormais à savoir si cette nouvelle séquence diplomatique permettra de transformer les consultations en avancées concrètes sur le terrain et de donner un nouvel élan au processus de paix dans l’est de la République démocratique du Congo.
REDACTION