
L’ONG Union pour la Valorisation de l’Afrique, Berceau de l’Humanité (UVABH) entend faire de l’entrepreneuriat pratique un levier d’autonomisation économique en République démocratique du Congo. Forte des premiers résultats d’une formation organisée en partenariat avec la Fondation FJM, l’organisation lance un appel aux fondations, aux entreprises et aux associations pour élargir cette initiative et permettre à davantage de personnes de créer leurs propres activités génératrices de revenus.
Face aux difficultés persistantes d’accès à l’emploi en République démocratique du Congo, l’UVABH entend promouvoir une autre approche de l’insertion professionnelle : former non seulement des personnes capables de rechercher un emploi, mais aussi des entrepreneurs susceptibles d’en créer pour eux-mêmes et pour les autres.
C’est dans cette perspective que l’organisation lance un appel aux partenaires potentiels, notamment aux fondations, aux associations, aux entreprises et aux différentes structures engagées dans le développement socio-économique du pays. Son ambition est de bâtir un réseau de collaboration capable de soutenir des formations pratiques en entrepreneuriat et de faciliter le lancement de petites activités économiques.
Derrière cette démarche se trouve une conviction : la lutte contre le chômage ne peut reposer uniquement sur la recherche d’emplois salariés. Elle doit également passer par le développement des compétences, l’initiative individuelle et la création de petites entreprises adaptées aux réalités économiques locales.
Un capital de départ de 30 000 francs congolais
Pour démontrer que l’entrepreneuriat peut être accessible, même avec des moyens financiers limités, l’UVABH s’appuie sur une première expérience menée en partenariat avec la Fondation FJM.
Au cours de cette formation, les participants ont été initiés à des techniques leur permettant de se lancer dans la production avec un capital de départ de seulement 30 000 francs congolais (FC).
L’objectif est de montrer qu’il est possible de commencer une activité économique à petite échelle, sans nécessairement disposer d’importantes ressources financières, à condition de maîtriser les techniques de production et de savoir transformer une compétence en opportunité commerciale.
Plus significatif encore, selon les informations communiquées par l’organisation, plusieurs participants ont déjà réussi à mettre leurs produits sur le marché. Une évolution qui témoigne de la possibilité de passer de l’apprentissage à la pratique et de convertir une formation en activité économique concrète.
Cette première expérience constitue ainsi un argument en faveur d’un élargissement du programme. Pour l’UVABH, l’enjeu est désormais de permettre à un nombre plus important de personnes de bénéficier de ce type d’accompagnement et de développer des initiatives entrepreneuriales adaptées à leurs capacités et à leur environnement.
Tshiamuenyi Tshiam’s mise sur un entrepreneuriat accessible
La formation est animée par Tshiamuenyi Tshiam’s, coach et formateur de l’UVABH. Son approche privilégie des méthodes entrepreneuriales simplifiées, axées sur la production, l’accessibilité des techniques et l’obtention de résultats concrets.
L’idée consiste à rapprocher l’apprentissage des réalités quotidiennes des bénéficiaires. Plutôt que de limiter la formation aux principes théoriques de l’entrepreneuriat, la démarche vise à transmettre des connaissances directement applicables pour lancer une petite activité, produire des biens et rechercher des débouchés commerciaux.
Cette orientation répond à une difficulté rencontrée par de nombreuses personnes en quête d’autonomie financière : l’accès à une formation pratique qui leur permette de passer de l’intention à l’action.
En privilégiant des activités pouvant démarrer avec un investissement relativement modeste, l’UVABH entend également contribuer à réduire certaines barrières à l’entrée dans l’entrepreneuriat, particulièrement pour les personnes qui ne disposent pas d’un capital important.
La mise sur le marché des produits par plusieurs anciens participants représente, à cet égard, un premier indicateur encourageant. Elle souligne toutefois l’importance de poursuivre l’accompagnement afin d’aider les bénéficiaires à consolider leurs activités et à inscrire leurs initiatives dans la durée.
Un appel aux partenaires pour changer d’échelle
Pour aller plus loin, l’UVABH estime que la mobilisation de ressources financières, techniques et humaines est indispensable. L’organisation invite ainsi les acteurs publics et privés, les organisations de la société civile, les fondations et les entreprises à s’engager dans des partenariats destinés à renforcer et à étendre les formations.
Cette mutualisation des moyens devrait permettre d’élargir le nombre de bénéficiaires, de diversifier les formations proposées et de donner à davantage de personnes les outils nécessaires pour entreprendre.
Au-delà du financement, les partenariats pourraient également contribuer à mettre à disposition des compétences spécialisées, du matériel de production et un accompagnement adapté aux besoins des futurs entrepreneurs.
Pour les entreprises, cette collaboration peut représenter une occasion de participer à la formation d’une main-d’œuvre plus autonome et à l’émergence de nouvelles initiatives économiques. Pour les fondations et les associations, elle constitue une possibilité de soutenir des actions dont les résultats peuvent être appréciés à travers les activités effectivement lancées par les bénéficiaires.
L’UVABH souhaite ainsi inscrire son initiative dans une dynamique collective, convaincue que la lutte contre le chômage nécessite une implication dépassant le cadre d’une seule organisation.
Les jeunes et les femmes au cœur de l’autonomisation économique
Les jeunes et les femmes figurent parmi les publics auxquels cette dynamique entend offrir davantage de possibilités d’autonomie financière.
Dans un contexte où l’accès à des revenus réguliers demeure un défi pour de nombreuses personnes, la maîtrise d’un savoir-faire productif peut constituer un point de départ vers une activité indépendante.
La formation entrepreneuriale peut notamment aider les bénéficiaires à identifier des possibilités de production, à mobiliser leurs compétences et à envisager la commercialisation de leurs produits. Elle peut également favoriser une culture de l’initiative, dans laquelle les personnes formées ne sont plus seulement considérées comme des demandeurs d’emploi, mais comme des acteurs susceptibles de contribuer à l’activité économique.
Toutefois, la réussite de cette ambition dépendra aussi de la capacité à assurer un suivi des entrepreneurs formés, à faciliter leur accès aux marchés et à renforcer progressivement leurs moyens de production.
L’enjeu n’est donc pas seulement de former, mais également de créer les conditions permettant aux petites activités de survivre, de se développer et, à terme, de générer d’autres emplois.
De la formation à la création de richesses
À travers cet appel, l’UVABH veut faire de l’entrepreneuriat pratique un instrument de transformation économique et sociale en République démocratique du Congo.
L’organisation entend démontrer que des initiatives modestes, lorsqu’elles reposent sur des compétences concrètes et bénéficient d’un accompagnement approprié, peuvent ouvrir des perspectives à des personnes confrontées au manque d’opportunités professionnelles.
L’expérience menée avec la Fondation FJM constitue une première étape dans cette démarche. L’élargissement du programme dépendra désormais de la mobilisation des partenaires et de leur capacité à soutenir une formation orientée vers des résultats économiques tangibles.
Le message porté par l’UVABH résume cette ambition : « Formons des créateurs d’emplois, pas seulement des chercheurs d’emploi ! »
Une formule qui invite à repenser les mécanismes d’insertion professionnelle et à considérer l’entrepreneuriat comme une voie complémentaire de lutte contre le chômage.
Pour l’UVABH, le défi consiste désormais à transformer cette ambition en une dynamique durable, capable de donner à davantage de Congolais les moyens de produire, de vendre et de participer à la création de richesses.
Gilbert Kabongo