
Kinshasa — La coalition de l’opposition Lamuka tire la sonnette d’alarme après la disparition de Prince Epenge, président de l’ADD Congo et porte-parole de cette plateforme politique. Dans un communiqué publié ce dimanche 25 octobre 2026, Lamuka affirme que l’opposant a été emmené vers une destination inconnue après une intervention des services de la Direction générale de migration (DGM) à l’aéroport international de N’Djili, alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour Rome. La coalition exige des autorités congolaises la communication immédiate de son lieu de détention et sa libération sans condition.

Une interpellation qui suscite l’inquiétude
La situation de Prince Epenge suscite de vives préoccupations au sein de la coalition Lamuka. Selon le communiqué signé par Jean-Félix Nsenga, premier vice-président de cette plateforme, les faits se sont déroulés dimanche 25 octobre à l’aéroport international de N’Djili, à Kinshasa.
Le responsable politique devait se rendre à Rome, en compagnie de Martin Fayulu, président de l’ECiDé, et de Jean-Baptiste Kasekwa, vice-président de cette formation politique. Les trois personnalités prévoyaient de participer à une réunion de la Coalition article 64 (C64).
Cependant, leur déplacement aurait été interrompu par les services de la Direction générale de migration. D’après Lamuka, les passeports des trois responsables ont été retenus dans un premier temps.
Si les documents de Martin Fayulu et de Jean-Baptiste Kasekwa leur ont finalement été restitués, la situation de Prince Epenge aurait pris une tournure différente. Le porte-parole de Lamuka aurait été emmené par des individus que la coalition affirme ne pas avoir identifiés, sans que sa destination ne lui soit officiellement communiquée.
Prince Epenge conduit vers une destination inconnue
C’est précisément l’absence d’informations officielles sur le sort de Prince Epenge qui alimente les inquiétudes de Lamuka.
Dans son communiqué, la coalition affirme qu’au moment de sa publication, ni le lieu où se trouverait son porte-parole ni les motifs de son interpellation n’avaient été communiqués à ses proches.
Cette situation soulève des interrogations sur les circonstances de cette opération, les services éventuellement impliqués et les raisons qui auraient conduit à la rétention du responsable politique.
Pour Lamuka, l’enjeu dépasse désormais la seule question de l’empêchement d’un voyage à l’étranger. La plateforme réclame des éclaircissements sur le sort de l’opposant et demande aux autorités compétentes de rendre immédiatement publiques les informations relatives à sa situation.
Il convient toutefois de souligner que les accusations d’enlèvement et les circonstances rapportées dans ce communiqué émanent de Lamuka. Elles nécessitent des éclaircissements et une réaction officielle des autorités concernées.
Lamuka invoque les garanties constitutionnelles
Dans sa prise de position, la coalition rappelle que la liberté de circulation, la sûreté individuelle et le respect des procédures judiciaires constituent des droits fondamentaux garantis par la Constitution de la République démocratique du Congo.
Elle se réfère notamment aux articles 17, 18 et 30 de la Constitution pour dénoncer ce qu’elle considère comme une atteinte aux libertés individuelles.
La plateforme estime qu’aucune divergence politique ne saurait justifier la privation des libertés d’un citoyen en dehors des garanties prévues par la loi.
À travers cette déclaration, Lamuka place les autorités devant leurs responsabilités et réclame que toute mesure prise à l’encontre de Prince Epenge soit encadrée par les dispositions légales en vigueur.
La coalition demande ainsi que les circonstances de cette affaire soient clarifiées dans les meilleurs délais, dans le respect des droits de la personne concernée.
Trois exigences adressées aux autorités
Face à cette situation, Lamuka formule trois principales exigences.
La première porte sur la confirmation immédiate du lieu où se trouve Prince Epenge, afin de mettre fin aux incertitudes entourant sa situation.
La deuxième concerne sa libération sans condition, réclamée par la coalition dans son communiqué.
Enfin, Lamuka exige la restitution de son passeport, retenu dans le cadre des événements rapportés à l’aéroport de N’Djili.
La plateforme appelle également l’opinion nationale et internationale, les organisations de défense des droits humains ainsi que les représentations diplomatiques accréditées en RDC à suivre attentivement l’évolution de ce dossier.
Cette démarche vise à attirer l’attention sur la situation de l’opposant et à obtenir des garanties concernant sa sécurité et son intégrité physique.
La coalition C64 au cœur de l’affaire
L’incident intervient alors que les responsables concernés s’apprêtaient à se rendre en Italie pour prendre part à une réunion de la Coalition article 64, connue sous le sigle C64.
Cet épisode pourrait ainsi raviver les tensions entre les acteurs de l’opposition et les autorités congolaises, dans un contexte où les questions relatives aux libertés politiques, au fonctionnement des institutions et aux conditions d’exercice de l’opposition demeurent sensibles.
L’empêchement présumé de Prince Epenge de poursuivre son voyage, contrairement à Martin Fayulu et Jean-Baptiste Kasekwa dont les passeports auraient été restitués, constitue le principal point de divergence soulevé par Lamuka.
Les raisons de cette différence de traitement ne sont toutefois pas précisées dans le communiqué.
À ce stade, aucune explication officielle des autorités compétentes n’est rapportée dans le document publié par la coalition. Leur version des faits reste donc attendue pour établir les circonstances exactes de l’incident.
Un dossier qui appelle des clarifications urgentes
Au-delà de la confrontation politique, l’affaire Prince Epenge pose une question essentielle : celle de la transparence des procédures lorsqu’un responsable politique est privé de sa liberté ou empêché de poursuivre son déplacement.
La communication rapide du lieu où se trouve l’intéressé, des motifs de la mesure prise à son encontre et du cadre juridique applicable apparaît dès lors déterminante pour dissiper les inquiétudes.
Pour Lamuka, la priorité reste la localisation de son porte-parole, sa sécurité et sa libération. La coalition affirme qu’aucune divergence politique ne peut justifier une privation de liberté en dehors du cadre légal.
L’évolution de cette affaire dépendra désormais des éclaircissements que pourront apporter les autorités congolaises sur les circonstances de l’interpellation présumée de Prince Epenge et sur le lieu où il se trouve.
Source : communiqué de la coalition Lamuka publié à Kinshasa le 25 octobre 2026 et signé par Jean-Félix Nsenga, premier vice-président.
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