
Les vendeurs du marché Mzée Laurent-Désiré Kabila, communément appelé marché Lusonga, disposent désormais d’un délai ferme pour libérer les lieux. Réuni ce jeudi au gouvernorat du Haut-Katanga, le gouvernement provincial a fixé au 20 août 2026 la date limite à laquelle tous les commerçants devront avoir quitté le site, en prélude au lancement des travaux de modernisation de cette importante infrastructure commerciale de Lubumbashi.

La décision a été prise lors d’une réunion présidée par le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe, en présence du maire de Lubumbashi, des ministres provinciaux de l’Économie et des Infrastructures, ainsi que des représentants des commerçants.
Selon les autorités provinciales, les vendeurs seront appelés à se réinstaller provisoirement dans d’autres marchés de la ville pendant toute la durée des travaux. Le gouvernement affirme que cette mesure vise à permettre l’exécution du projet de modernisation sans interrompre durablement les activités commerciales.
Cette décision intervient après plusieurs semaines de discussions et de tensions entre les autorités et les commerçants. Avant l’arrivée du président de la République à Lubumbashi, une commission composée notamment de représentants des vendeurs, de la bourgmestre de Kampemba, de conseillers communaux et d’acteurs de la société civile avait été chargée d’identifier un site pouvant accueillir temporairement les commerçants.
Parmi les propositions formulées figurait un terrain situé à proximité de la morgue de la SNCC, jugé approprié par la délégation. Toutefois, cette option n’a finalement pas été retenue par le gouvernement provincial, sans qu’une justification détaillée ne soit rendue publique.Le dossier du marché Mzée Laurent-Désiré Kabila a suscité une vive mobilisation ces dernières semaines.
Les commerçants ont organisé plusieurs manifestations pour dénoncer les incertitudes entourant leur relocalisation et les conséquences économiques que pourrait entraîner leur déplacement.Face aux protestations, l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga avait assuré que le projet de modernisation du marché figurait bel et bien dans le budget provincial 2026.
Une déclaration qui n’avait cependant pas suffi à convaincre les vendeurs, lesquels avaient poursuivi leurs actions de contestation en réclamant davantage de garanties sur leur avenir.Afin d’éviter une escalade des tensions, la cérémonie de pose de la première pierre, initialement programmée lors du récent séjour du président Félix Tshisekedi à Lubumbashi, avait été reportée dans l’attente d’un compromis entre les différentes parties.
Avec l’échéance désormais fixée au 20 août, le gouvernement provincial entend accélérer le lancement du chantier. De leur côté, les commerçants espèrent que leur relocalisation s’effectuera dans des conditions permettant la poursuite de leurs activités, alors que beaucoup d’entre eux préparent la rentrée scolaire de leurs enfants et redoutent une baisse de leurs revenus durant cette période de transition.
JOSEPH MALABA