RDC : les conseillers communaux suspendent leurs plénières et donnent 72 heures au ministère des Finances

Kinshasa, 30 septembre 2026 — Le Collectif national des conseillers communaux de la République démocratique du Congo annonce la suspension de toutes les séances plénières dans les différents conseils communaux du pays. Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes autour de la prise en charge financière des élus locaux.

Dans une déclaration faite au nom du Collectif, Cédric Tumusifu, conseiller communal élu de Karisimbi et chargé du suivi de la paie des conseillers communaux, dénonce ce qu’il présente comme des difficultés récurrentes dans la mise à disposition des moyens nécessaires au fonctionnement des conseils communaux.

Des retenues de 50 % dénoncées

Au cœur des revendications figure la gestion des frais de fonctionnement destinés aux conseils communaux.

Cédric Tumusifu met directement en cause le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, ainsi que son conseiller financier, Francis Mukeba. Selon lui, une retenue correspondant à environ 50 % de l’enveloppe destinée au fonctionnement des conseils communaux serait opérée chaque mois.

Le conseiller communal avance le chiffre de 6,4 milliards de francs congolais qui seraient concernés par ces retenues. Il affirme que les élus disposent de documents et d’éléments susceptibles, selon lui, d’étayer leurs accusations.

Ces affirmations constituent toutefois des accusations qui doivent être établies par les autorités compétentes et les mécanismes légaux de contrôle des finances publiques. À ce stade, aucune réponse du ministère des Finances n’est rapportée dans les éléments communiqués par le Collectif.

Le fonctionnement des conseils communaux au centre des revendications

Pour les conseillers communaux, les frais de fonctionnement représentent un élément essentiel à l’exercice de leurs missions au sein des entités territoriales décentralisées.

Ces ressources doivent notamment contribuer, selon leurs explications, à la prise en charge des indemnités des élus, du personnel administratif et politique rattaché aux conseils communaux, mais également au paiement des loyers des sièges des organes délibérants et à la réalisation de certaines missions sur le terrain.

Le Collectif estime que les difficultés liées à cette prise en charge financière affectent directement le fonctionnement des conseils communaux et risquent de fragiliser davantage la mise en œuvre de la décentralisation en RDC.

Une revendication déjà ancienne

Cette mobilisation intervient après plusieurs actions menées ces derniers mois par les conseillers communaux pour réclamer une meilleure prise en charge de leurs mandats.

En juillet 2026, des conseillers communaux avaient notamment organisé un sit-in devant le Centre financier à Kinshasa. À l’issue de cette action, ils avaient indiqué avoir reçu une promesse de réponse de la part du ministère des Finances concernant leurs revendications.

Mais plusieurs semaines plus tard, le Collectif estime que les réponses apportées n’ont pas permis de régler définitivement le problème.

Le président Tshisekedi interpellé

Face à cette situation, Cédric Tumusifu appelle également à l’intervention du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Les conseillers communaux demandent notamment que les engagements budgétaires prévus en faveur des conseils communaux soient respectés et que les moyens nécessaires à l’exercice de leurs fonctions soient effectivement mis à leur disposition.

Pour ces élus locaux, l’enjeu dépasse la seule question de leurs indemnités. Ils estiment que la disponibilité des ressources financières conditionne également la capacité des conseils communaux à jouer pleinement leur rôle dans la gouvernance de proximité.

Un délai de 72 heures avant une nouvelle mobilisation

Le Collectif national des conseillers communaux annonce avoir accordé 72 heures au ministère des Finances pour apporter une réponse à ses revendications.

À défaut d’une suite jugée satisfaisante, les conseillers communaux prévoient d’organiser, le 8 octobre prochain, un sit-in devant le cabinet du ministre des Finances.

Cédric Tumusifu affirme que les élus locaux entendent poursuivre leur mobilisation jusqu’à l’obtention d’une solution à leurs revendications.

Cette nouvelle étape intervient alors que les conseillers communaux réclament depuis plusieurs mois une meilleure prise en compte de leur rôle dans la gouvernance locale. En juin 2026, leur conférence nationale avait notamment été consacrée aux questions liées à la gouvernance locale, au fonctionnement des entités territoriales décentralisées et aux défis auxquels sont confrontés les conseils communaux.

Marie Christophe KABUNDA LUABA

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