
Kananga, 30 septembre 2026 — L’Assemblée provinciale du Kasaï-Central a ouvert, ce mercredi 30 septembre, sa session ordinaire de septembre 2026, essentiellement consacrée à l’examen du projet d’Édit budgétaire pour l’exercice 2027. La cérémonie solennelle a été présidée par le président de l’organe délibérant provincial, Guy Sabangu Kashala, en présence de plusieurs autorités politico-administratives et représentants des institutions publiques

Dans son discours d’ouverture, le président de l’Assemblée provinciale a placé cette nouvelle session sous le signe de la responsabilité institutionnelle et de la recherche de réponses concrètes aux préoccupations de la population du Kasaï-Central.
S’appuyant sur les dispositions de l’article 16, alinéa 2, de la Loi n°08/012 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces ainsi que sur l’article 59 du Règlement intérieur de l’Assemblée provinciale, Guy Sabangu Kashala a officiellement déclaré ouverte la session ordinaire de septembre 2026, session budgétaire.
Des attentes sociales au cœur du discours
Dès l’entame de son allocution, le président de l’Assemblée provinciale a rendu grâce à Dieu pour avoir permis la tenue de cette session, avant de saluer la présence des différentes personnalités conviées à cette cérémonie.
Il a également rendu hommage au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour les efforts entrepris, selon lui, en faveur de la paix, de la stabilité et du développement de la République démocratique du Congo.
Mais au-delà des considérations institutionnelles, Guy Sabangu Kashala a surtout insisté sur les attentes de la population, confrontée à plusieurs difficultés sociales et économiques.
« Notre population attend des réponses concrètes, des actions susceptibles de créer des opportunités. Notre population attend l’eau potable, les jeunes diplômés sans emploi attendent une opportunité, les agriculteurs attendent des routes pour évacuer leurs produits et notre province attend d’être sauvée des ravins », a-t-il déclaré.
À travers ces préoccupations, le président de l’Assemblée provinciale a appelé l’Exécutif provincial à inscrire les besoins essentiels de la population au centre des priorités budgétaires.
Budget 2027 : l’exigence de sincérité des chiffres
Pour Guy Sabangu Kashala, l’examen du projet d’Édit budgétaire 2027 doit constituer un exercice de responsabilité devant la population.
Il a ainsi articulé son intervention autour de trois exigences majeures : la vérité, la rigueur et la redevabilité.
Sur le premier point, il a appelé l’Exécutif provincial à présenter des prévisions budgétaires réalistes et des dépenses dûment justifiées.
« Les recettes doivent être sincères, les dépenses doivent être justifiées. La vérité des comptes est la première vertu d’une République », a-t-il souligné.
Le président de l’Assemblée provinciale a, à cette occasion, évoqué une citation attribuée à Thomas Sankara sur la nécessité pour un budget public de refléter fidèlement la réalité des finances publiques et les intérêts de la population.
La rigueur dans l’examen du projet d’Édit
Deuxième exigence avancée par Guy Sabangu Kashala : la rigueur dans le travail parlementaire.
Il a invité les commissions spécialisées, notamment la Commission économique et financière ainsi que la Commission politique, administrative et juridique (PAJ), à examiner avec attention le projet d’Édit budgétaire 2027.
L’objectif, selon lui, est de permettre aux députés provinciaux d’analyser les prévisions de recettes, les priorités de dépenses et la cohérence des choix opérés par l’Exécutif provincial.
« Gouverner, c’est prévoir. Et prévoir, c’est chiffrer avec rigueur », a-t-il insisté, appelant les élus à faire du contrôle budgétaire un véritable instrument au service de la population.
« Contrôler le budget d’hier avant de voter celui de demain »
La troisième exigence concerne la redevabilité.
Guy Sabangu Kashala estime que l’examen du budget 2027 ne peut être dissocié du contrôle de l’exécution du budget 2026. Il a ainsi annoncé que le Gouvernement provincial devra présenter le rapport d’exécution du budget 2026 arrêté au 31 août.
Pour le président de l’Assemblée provinciale, cette démarche doit permettre aux élus de mesurer le niveau de réalisation des prévisions antérieures avant de se prononcer sur les nouvelles orientations budgétaires.
« Avant de voter le budget de demain, il faut contrôler le budget d’hier. Le peuple a le droit de savoir ce qui a été fait de son argent », a-t-il déclaré.
Cette approche place donc le contrôle parlementaire au centre des travaux de la session, avec l’objectif de confronter les prévisions budgétaires aux réalisations effectives.
Appel au calme et au dialogue institutionnel
Dans son discours, le président de l’Assemblée provinciale a également plaidé pour le maintien d’un climat institutionnel apaisé au Kasaï-Central.
Il a appelé les différentes institutions provinciales à privilégier le dialogue, la complémentarité et le respect des compétences constitutionnelles et légales de chacune.
« La province du Kasaï Central a besoin d’un climat institutionnel apaisé, fondé sur le dialogue, la complémentarité et le respect des compétences. Nos mandats respectifs sont temporaires mais les décisions que nous prenons aujourd’hui peuvent engager l’avenir de toute une génération », a-t-il déclaré.
Guy Sabangu Kashala a par ailleurs rappelé la nécessité de mettre régulièrement à la disposition des institutions provinciales les moyens financiers qui leur sont légalement destinés afin de leur permettre d’accomplir leurs missions.
« Le développement ne se fera pas par des miracles »
En conclusion, le président de l’Assemblée provinciale a salué l’engagement des députés provinciaux pendant la période des vacances parlementaires, avant de les inviter à poursuivre leur travail au service de la population.
Il a appelé les élus à faire preuve de discipline et de responsabilité dans l’exercice de leur mandat.
« Notre province ne se développera pas par des miracles. Elle se développera par notre discipline collective. L’avenir du Kasaï Central ne se trouve pas dans la terre qui contient l’or et le diamant, mais dans les hommes qui ont la volonté de le bâtir », a-t-il conclu.
Après cette allocution, Guy Sabangu Kashala a officiellement déclaré ouverte la session ordinaire de septembre 2026, session budgétaire, donnant ainsi le coup d’envoi aux travaux parlementaires consacrés notamment à l’examen du projet d’Édit budgétaire 2027 et au contrôle de l’exécution du budget en cours.
Les prochains travaux de l’Assemblée provinciale devraient permettre aux élus de se pencher sur les priorités financières de la province et sur les réponses à apporter aux principales préoccupations exprimées par la population du Kasaï-Central.
GILBERT KABONGO