Lubumbashi : sous les lignes à haute tension de la SNEL, la mairie fait démolir des étalages au marché Double Poteau

La décision, prise après plusieurs alertes de la société civile, vise à éloigner les commerçants d’une zone considérée comme dangereuse. Aux abords du marché Double Poteau, l’opération a provoqué la colère de plusieurs vendeurs, contraints de voir leurs installations partir en fumée sous l’effet des engins de démolition.

À Lubumbashi, la question de l’occupation des espaces exposés aux risques électriques vient de prendre une nouvelle tournure. Plusieurs étalages installés sous les lignes à haute tension de la Société nationale d’électricité (SNEL), au marché Double Poteau, ont été démolis ce mercredi par les services de la mairie.

Sur place, les images montrent un paysage de désolation : planches, tôles, marchandises et autres matériaux jonchent désormais le sol. Des commerçants, encore présents sur les lieux, tentent de récupérer ce qui peut l’être après la destruction de leurs installations.

Une zone signalée comme dangereuse

Selon les informations relayées sur place, l’opération intervient après plusieurs plaintes et alertes lancées par des acteurs de la société civile. Ces derniers dénonçaient l’installation progressive de commerces directement sous ou à proximité des lignes à haute tension.

La présence dans cette zone concernait notamment des vendeurs de friperies, des petits commerces d’alimentation ainsi que des tenanciers de cabines. Une présence jugée préoccupante au regard des risques liés aux infrastructures électriques.

Le danger évoqué est notamment celui d’une électrocution, particulièrement en cas de contact accidentel, de chute d’un câble ou de proximité excessive avec les conducteurs électriques. La forte fréquentation du marché rend également la situation plus sensible.

Des commerçants entre colère et incompréhension

La démolition n’a toutefois pas été accueillie favorablement par les personnes concernées. Pour plusieurs commerçants, la disparition brutale de leurs étalages signifie la perte d’un espace de travail et, potentiellement, d’une partie de leurs moyens de subsistance.

Le mécontentement est d’autant plus important que certains opérateurs affirment avoir investi dans l’aménagement de leurs petits espaces commerciaux.

Mais pour les autorités municipales, la question semble relever avant tout de la sécurité publique. L’occupation d’une emprise située sous des lignes à haute tension constitue, en effet, un risque qui dépasse le seul cadre commercial.

La difficile équation entre sécurité et survie économique

Cette opération remet en lumière un problème récurrent dans plusieurs grandes villes congolaises : celui de l’occupation anarchique des emprises réservées aux infrastructures publiques.

À Lubumbashi, comme ailleurs, la pression démographique et la recherche d’espaces commerciaux poussent de nombreux petits opérateurs économiques à s’installer dans des zones qui ne sont pas toujours destinées au commerce.

Le cas du marché Double Poteau illustre ainsi une équation particulièrement délicate pour les pouvoirs publics : comment protéger les populations contre les risques tout en évitant de fragiliser davantage des ménages qui dépendent du petit commerce pour leur survie ?

La question du relogement se pose

Si la nécessité de sécuriser les abords des lignes à haute tension semble faire consensus, la question de l’après-démolition reste entière.

Pour les commerçants déguerpis, l’enjeu est désormais de savoir s’ils pourront bénéficier d’un espace alternatif où poursuivre leurs activités. Sans solution de relogement, la mesure risque de déplacer le problème vers d’autres zones de la ville.

L’opération du marché Double Poteau pourrait ainsi constituer un signal fort de la volonté de la mairie de Lubumbashi de faire respecter les zones de sécurité autour des infrastructures électriques. Elle soulève néanmoins la nécessité d’un accompagnement des petits commerçants afin que les impératifs de sécurité publique ne se transforment pas en crise sociale.

Entre protection des vies humaines et préservation des activités économiques, les autorités municipales sont désormais attendues sur leur capacité à concilier fermeté, prévention et solutions durables.

REDACTION

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