RDC : Jacques Djoli présente ses excuses aux députés après la polémique sur les preuves de leurs réalisations

Kinshasa — La polémique née autour du communiqué du rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli Eseng’Ekeli, appelant les députés nationaux à documenter leurs réalisations dans leurs circonscriptions électorales connaît un nouveau développement.

Face aux réactions suscitées par cette initiative, le rapporteur de la Chambre basse du Parlement a présenté ses excuses aux députés, expliquant que son message aurait été mal compris ou sorti de son contexte.

Dans un communiqué daté du 5 octobre 2026, Jacques Djoli avait invité les élus nationaux à transmettre à son office, au plus tard le 15 octobre, des photos et vidéos de leurs réalisations dans leurs bases électorales. Les documents devaient notamment préciser la nature des ouvrages ou actions concernés ainsi que leur coût financier.

L’initiative concernait notamment des écoles, centres de santé, ponts, routes, mais aussi des œuvres sociales, des investissements socio-économiques ou encore des actions humanitaires.

Une formulation qui a suscité des interrogations

La démarche n’a pas tardé à provoquer des réactions au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Certains observateurs se sont interrogés sur la portée d’une telle demande, estimant qu’elle pouvait donner l’impression que les députés étaient appelés à rendre compte de réalisations qui relèvent normalement de l’action gouvernementale.

La controverse a également relancé le débat sur les limites du mandat parlementaire en RDC. La Constitution définit en effet le député comme représentant de la Nation et attribue au Parlement, notamment, les fonctions de législation et de contrôle de l’action du Gouvernement.

C’est dans ce contexte que Jacques Djoli a tenu à clarifier sa démarche.

Djoli : « le communiqué n’a pas été compris dans son véritable contexte »

Selon les explications rapportées après les réactions suscitées par le communiqué, le rapporteur considère que l’objectif n’était pas d’imposer aux députés une nouvelle obligation ou de leur demander de se substituer au Gouvernement.

Il s’agissait plutôt de recenser et de mettre en lumière les initiatives sociales et communautaires réalisées par certains élus au profit de leurs circonscriptions.

Cette précision rejoint les explications déjà données par Jacques Djoli à Radio Okapi, où il avait soutenu que les actions concernées n’étaient pas financées par le budget de l’Assemblée nationale, mais relevaient d’initiatives personnelles des députés.

Le rapporteur avait notamment évoqué les nombreuses sollicitations auxquelles les élus sont confrontés dans leurs bases : prise en charge des frais scolaires ou académiques, assistance médicale, interventions lors des deuils et funérailles, construction ou réhabilitation d’infrastructures communautaires, entre autres.

Une mise au point du président de l’Assemblée nationale

La clarification intervient également après une mise au point du président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara.

Le président de la Chambre basse a précisé que le communiqué visait principalement à inventorier les écoles et centres de santé construits ou réhabilités aux frais des députés mais qui ne sont pas encore pris en charge par l’État, notamment pour la mécanisation et la prise en charge du personnel.

Aimé Boji a par ailleurs salué l’engagement de nombreux députés qui, au-delà de leur mandat parlementaire, apportent quotidiennement une assistance à leurs électeurs dans les domaines de la santé, de l’éducation ou encore lors des situations sociales difficiles.

Entre mandat constitutionnel et pression de la base

Au-delà de la polémique, cette affaire met en lumière une réalité bien connue de la vie politique congolaise : l’écart entre les missions constitutionnelles du député et les attentes très fortes des populations.

Dans de nombreuses circonscriptions, l’élu national est attendu non seulement sur les questions législatives et de contrôle du Gouvernement, mais également sur des réponses immédiates aux problèmes sociaux de sa communauté.

Cette situation pose une question de fond : jusqu’où un député doit-il aller pour répondre aux besoins de sa base sans se substituer aux institutions chargées de l’exécution des politiques publiques ?

C’est précisément cette frontière entre mandat parlementaire, action sociale et responsabilité gouvernementale qui se retrouve au cœur du débat déclenché par le communiqué de Jacques Djoli.

En présentant ses excuses et en apportant des éclaircissements, le rapporteur tente désormais de refermer une controverse qui aura, en quelques jours, dépassé le simple cadre administratif pour devenir un véritable débat sur le rôle du député congolais et ses rapports avec sa base électorale.

REDACTION

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