
Kasaï Central : les présidents des mutuelles de cinq territoires mettent en garde contre toute déstabilisation des institutions provinciales
Kananga, 24 octobre 2026. Face aux risques de tensions institutionnelles au Kasaï Central, le Collège des présidents des mutuelles de cinq territoires de la province appelle les acteurs politiques à privilégier le dialogue, le respect de la Constitution et la stabilité des institutions. Dans une déclaration solennelle signée à Kananga le 23 octobre 2026, ces représentants associatifs insistent sur la nécessité de préserver la cohésion sociale et l’unité nationale dans un contexte marqué par les défis sécuritaires auxquels la République démocratique du Congo est confrontée.
Adressé à la population du Kasaï Central, aux autorités nationales et provinciales ainsi qu’aux députés provinciaux, ce message se veut un appel à la responsabilité politique. Pour ses signataires, les divergences entre acteurs politiques ne devraient, en aucun cas, compromettre le fonctionnement régulier des institutions provinciales ni détourner les dirigeants des préoccupations quotidiennes de la population.
Derrière cette prise de position se dessine une préoccupation majeure : préserver la stabilité institutionnelle d’une province qui, comme les autres entités de la RDC, doit poursuivre ses efforts en matière de sécurité, de développement, de santé, d’éducation et d’amélioration des conditions de vie.
La stabilité institutionnelle, une priorité pour la province
Dans leur déclaration, les présidents des mutuelles rappellent que les institutions provinciales doivent fonctionner dans le strict respect de leurs attributions constitutionnelles et légales.
Ils mettent en garde contre toute initiative arbitraire ou toute démarche susceptible de perturber le fonctionnement normal des institutions. Sans désigner explicitement un acteur politique particulier, ils plaident pour une gestion responsable des différends et encouragent les responsables politiques à privilégier la concertation.
Pour ces représentants des cinq territoires concernés, la résolution d’une éventuelle crise institutionnelle doit nécessairement passer par les mécanismes prévus par les textes en vigueur.
Cette position traduit leur volonté de voir les divergences politiques traitées dans un cadre légal, sans exposer la province à une instabilité susceptible de fragiliser davantage son fonctionnement administratif et politique.
Leur message est sans équivoque : les intérêts particuliers ne devraient pas prendre le dessus sur l’intérêt général, surtout lorsque les institutions sont appelées à répondre aux attentes de la population.
En période de guerre, un appel au patriotisme
Le deuxième axe de cette déclaration concerne la responsabilité des acteurs politiques face à la situation sécuritaire nationale.
Les signataires estiment que les défis auxquels la RDC est confrontée imposent aux responsables politiques une obligation morale et patriotique. Ils appellent ainsi les différentes forces politiques à soutenir les efforts du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur de la consolidation de la paix.
Pour le Collège des présidents des mutuelles, les divergences politiques ne doivent pas faire perdre de vue les priorités nationales, notamment la sécurité, la paix et le développement.
Cette prise de position s’inscrit dans une logique de rassemblement autour des enjeux jugés essentiels pour l’avenir du pays. Les signataires considèrent que le contexte sécuritaire exige davantage de solidarité, de responsabilité et de cohésion entre les différentes composantes de la société congolaise.
Ils invitent, par conséquent, les acteurs politiques à mesurer la portée de leurs décisions et de leurs déclarations, afin d’éviter que les tensions institutionnelles ne viennent accentuer les divisions au sein de la communauté.
Un message adressé aux autorités et aux députés provinciaux
Le Collège des présidents des mutuelles ne limite pas son appel à une simple déclaration de principe. Il adresse également des recommandations précises aux différentes catégories d’acteurs concernés par la situation provinciale.
Aux autorités nationales, il demande de veiller au respect des principes constitutionnels et à la stabilité des institutions du Kasaï Central.
Aux autorités provinciales, les signataires recommandent de privilégier la concertation, la transparence et la bonne gouvernance dans la conduite des affaires publiques.
Les députés provinciaux et les responsables politiques sont, quant à eux, invités à exercer leurs responsabilités dans le respect des lois et de l’intérêt supérieur de la population. Leur mission, rappellent les signataires, ne devrait pas compromettre la stabilité des institutions dont ils ont la charge.
Le collège interpelle également les forces vives de la province, appelées à contribuer à la préservation de la paix et de la cohésion sociale.
Enfin, à la population du Kasaï Central, il recommande de rester attachée aux valeurs démocratiques, au dialogue et au règlement pacifique des différends entre les filles et les fils de la province.
La Constitution comme cadre de résolution des différends
Au-delà de leur appel à la stabilité, les présidents des mutuelles réaffirment leur attachement à la Constitution de la République démocratique du Congo.
Ils encouragent toutes les parties concernées à privilégier les voies légales et le dialogue institutionnel pour parvenir à des solutions durables.
Cette référence à la Constitution constitue un élément central de leur déclaration. Elle rappelle que les différends politiques et institutionnels doivent être réglés à travers les procédures prévues par la loi, plutôt que par des initiatives susceptibles d’aggraver les tensions.
Les signataires plaident ainsi pour une approche fondée sur la légalité, la responsabilité et la recherche du consensus, dans l’objectif de préserver le fonctionnement des institutions provinciales.
Leur démarche se veut également préventive : il s’agit de favoriser un climat politique apaisé et d’éviter que des désaccords entre responsables ne se répercutent sur la vie quotidienne des habitants.
Cinq territoires derrière une même déclaration
Cette prise de position est portée par les représentants des mutuelles de cinq territoires du Kasaï Central : Demba, Dibaya, Dimbelenge, Kazumba et Luiza.
Le document est signé par Victor Kalombo Tshitenge pour Demba, Joseph Kalamba Ilunga pour Dibaya, Albert Bakatubala, premier vice-président, pour Dimbelenge, le professeur Renathous Bakenge Kankonde pour Kazumba, ainsi que le docteur Clément Kanema Mulumba pour Luiza.
Par cette démarche commune, les signataires entendent faire entendre une voix collective en faveur de la stabilité institutionnelle et de la paix dans la province.
Leur déclaration intervient dans un contexte où les équilibres politiques et institutionnels demeurent des enjeux importants pour la gouvernance provinciale. Elle met en avant la nécessité de dépasser les divergences partisanes pour préserver l’intérêt général.
Toutefois, les signataires ne détaillent pas les faits précis qui motivent leur inquiétude et ne désignent aucun responsable particulier comme étant à l’origine d’une éventuelle tentative de déstabilisation.
« Le Kasaï Central a besoin de paix »
En conclusion, le Collège des présidents des mutuelles estime que le Kasaï Central a avant tout besoin de paix, de stabilité et d’institutions capables de répondre aux aspirations de sa population.
Son appel repose sur une conviction : la stabilité institutionnelle ne constitue pas seulement une exigence politique, mais également une condition importante pour la continuité de l’action publique et la poursuite des efforts de développement.
« Nous cherchons la paix », résument les signataires dans leur déclaration du 23 octobre 2026, exprimant ainsi leur volonté de voir les différends résolus par des moyens pacifiques et dans le respect des lois de la République.
Reste désormais à savoir dans quelle mesure cet appel sera entendu par les différentes forces politiques et institutionnelles de la province.
Dans un environnement national marqué par des défis sécuritaires persistants, les auteurs de cette déclaration exhortent les dirigeants à faire preuve de patriotisme, à préserver l’unité nationale et à placer les intérêts de la population au-dessus des rivalités politiques.
Gilbert Kabongo