
Lubumbashi, 26 octobre 2026 — Le ton se durcit dans les rangs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Face aux menaces sécuritaires qui pèsent sur le pays, le général Eddy Kapend, commandant de la 22ᵉ région militaire, appelle les militaires et les policiers à renforcer leur vigilance. Lors d’une causerie morale organisée ce lundi au camp militaire Major Vangu, à Lubumbashi, l’officier supérieur a également adressé un message particulièrement ferme à l’ancien président de la République, Joseph Kabila, qu’il accuse de menacer de reprendre le pouvoir par les armes.
Un appel à la vigilance face aux menaces sécuritaires
Dans un contexte national marqué par des tensions sécuritaires persistantes, le général Eddy Kapend a exhorté les éléments des FARDC et de la Police nationale congolaise à faire preuve d’une vigilance accrue dans l’accomplissement de leurs missions.
Cette mise en garde intervient alors que la situation sécuritaire demeure une préoccupation majeure pour les autorités congolaises, confrontées à différents défis sur plusieurs fronts.
Devant les militaires réunis au camp Major Vangu, le commandant de la 22ᵉ région militaire a insisté sur la nécessité de renforcer la discipline, la mobilisation et le sens du devoir au sein des forces de défense et de sécurité.
Au-delà du discours de mobilisation, cette intervention traduit la volonté du commandement militaire de maintenir les troupes en état d’alerte face aux risques susceptibles de compromettre la stabilité du pays.
Joseph Kabila dans le viseur du général Eddy Kapend
C’est toutefois son avertissement adressé à Joseph Kabila qui a particulièrement retenu l’attention.
Selon les informations rapportées par Patient Lukusa, le général Eddy Kapend a vivement critiqué l’ancien chef de l’État, qu’il accuse de vouloir reprendre le pouvoir par la force des armes.
Dans un propos à forte portée symbolique, l’officier militaire a comparé cette éventualité à l’affrontement biblique entre David et Goliath, se présentant comme celui qui serait prêt à faire face à l’ancien président si leurs chemins venaient à se croiser.
Cette déclaration, au ton particulièrement offensif, intervient dans un climat politique national marqué par des divergences profondes autour de la situation sécuritaire et de l’avenir politique de la République démocratique du Congo.
Il convient néanmoins de distinguer les déclarations rapportées du général des faits établis : les accusations visant Joseph Kabila ne constituent pas, à elles seules, une preuve d’une intention de reprendre le pouvoir par les armes.
L’ancien président, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019, demeure une figure majeure de la scène politique congolaise, alors que les relations entre les différents acteurs politiques restent au cœur des préoccupations nationales.
Insécurité dans les camps militaires : le commandement passe à l’action
Au cours de cette même intervention, le général Eddy Kapend aurait également évoqué les problèmes de sécurité à l’intérieur des installations militaires.
Cette préoccupation intervient après l’assassinat d’un capitaine affecté au service de communication des FARDC, un événement qui aurait suscité des inquiétudes au sein de la hiérarchie militaire.
Face à cette situation, le commandant de la 22ᵉ région militaire aurait ordonné l’arrestation du colonel Kabonde wa Kidianga, présenté comme le commandant du camp Vangu.
Par ailleurs, il aurait demandé à la justice militaire de lui transmettre des informations sur l’évolution du dossier d’ici mercredi.
Ces mesures témoignent de la volonté affichée du commandement de faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et d’établir les éventuelles responsabilités.
L’affaire soulève également la question de la protection des militaires au sein même des camps, censés constituer des espaces sécurisés pour les hommes et les femmes en uniforme.
La discipline militaire au cœur des préoccupations
L’intervention du général Eddy Kapend met en évidence deux préoccupations majeures : la vigilance des forces de défense et de sécurité face aux menaces pesant sur le pays, et la nécessité de renforcer la sécurité à l’intérieur des installations militaires.
Dans un environnement marqué par les tensions politiques et les défis sécuritaires, le commandement militaire est appelé à concilier fermeté, discipline et respect des procédures légales.
L’évolution de l’enquête sur l’assassinat du capitaine ainsi que les suites des mesures annoncées seront particulièrement attendues dans les prochains jours.
À Lubumbashi, cette causerie morale aura ainsi été l’occasion pour le commandant de la 22ᵉ région militaire de délivrer un double message : maintenir les troupes en état de vigilance et rappeler que les questions de sécurité au sein des FARDC demeurent une priorité.
Rédaction : ALERTENEWS.CD
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