
En déplacement sur le chantier de la route Kananga-Kalamba Mbuji, vendredi 6 novembre 2026, sept députés provinciaux du Kasaï-Central ont pu constater l’évolution des travaux conduits sous la supervision de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT). Si les élus saluent les progrès enregistrés sur cet axe stratégique, ils appellent à une intervention rapide contre les têtes d’érosion qui menacent sa durabilité.

La route Kananga-Kalamba Mbuji, longtemps attendue par les populations du Kasaï-Central, continue de susciter l’attention des autorités provinciales et des représentants de la population. Vendredi 6 novembre, sept députés provinciaux ont effectué une descente sur le terrain afin de s’imprégner de l’état d’avancement des travaux de cette infrastructure routière considérée comme un levier majeur de désenclavement de la province.
Conduite par l’ingénieur Serge Balengele Dibwe, chef de mission de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), cette visite a permis aux élus de parcourir plusieurs kilomètres du chantier et d’obtenir des explications techniques sur les travaux déjà réalisés, les étapes encore attendues ainsi que les difficultés rencontrées par les équipes sur le terrain.
Des avancées sur le chantier, avec un objectif de 60 kilomètres

Au cours de cette visite, l’ingénieur Serge Balengele Dibwe a présenté l’évolution des travaux, notamment sur le tronçon allant de Matamba jusqu’au point situé à 28 kilomètres. L’entreprise prévoit de revenir sur certaines portions pour achever les travaux restants, particulièrement du côté de Bulambula, avant de procéder à la mise en place de la couche de roulement.
L’objectif affiché reste de poursuivre les travaux jusqu’à atteindre les 60 kilomètres.
Le responsable de l’ACGT a également insisté sur les progrès enregistrés en matière de circulation, illustrant ainsi le changement intervenu sur cet axe qui, autrefois, imposait de longues heures de déplacement.
« Aujourd’hui, nous quittons Kananga vers la frontière de l’Angola, on fait huit heures seulement. À une distance de 230 kilomètres, on fait l’aller-retour avec l’entreprise chinoise. Une heure trente ou deux heures de repos, nous retournons vers la ville de Kananga, c’est déjà possible », a expliqué Serge Balengele Dibwe.
Il a par ailleurs indiqué que les équipes poursuivent les travaux même pendant la saison des pluies, tout en tenant compte des contraintes liées à la circulation des véhicules poids lourds.
Selon ses explications, lorsque les conditions du terrain deviennent défavorables, notamment après les précipitations, des interruptions temporaires de circulation peuvent être nécessaires pendant trois à quatre heures, afin de permettre à la route de retrouver des conditions favorables au passage des véhicules.
Voltaire Tshibuabua salue les progrès, mais refuse toute satisfaction prématurée
Présent lors de cette descente, le président de la commission des infrastructures de l’Assemblée provinciale du Kasaï-Central, Voltaire Tshibuabua, élu de Kazumba, a expliqué que cette mission s’inscrivait dans une démarche de suivi et de contrôle parlementaire des travaux.
Pour lui, les avancées constatées constituent un motif d’encouragement, même si plusieurs préoccupations restent à prendre en compte, notamment la menace des têtes d’érosion.
« Pour moi, c’est un motif de satisfaction pour l’avancement de la route Kananga-Kalamba Mbuji. Quant à la question des têtes d’érosion, je demande à la population de rester calme, car les techniciens travaillent là-dessus », a-t-il déclaré.
L’élu de Kazumba a toutefois tenu à nuancer son appréciation, estimant qu’il serait prématuré de parler d’une satisfaction totale alors que les travaux ne sont pas encore achevés.
Il a évoqué un délai de deux à trois semaines pour obtenir de nouvelles avancées sur les préoccupations soulevées.
Les têtes d’érosion, une urgence pour la durabilité de la route
Au-delà de l’évolution du chantier, la question des érosions a constitué l’un des principaux sujets de préoccupation des députés provinciaux.
Élu de Luiza, Stéphane Muanda Malombo a notamment salué la collaboration entre l’Assemblée provinciale et l’ACGT, après les démarches entreprises auprès de cette agence à Kinshasa pour présenter les difficultés auxquelles les populations sont confrontées.
Il a rappelé que les besoins exprimés concernaient particulièrement les territoires de Kazumba et de Luiza, directement concernés par les retombées attendues de cette route.
« Bien sûr, il y a un problème des têtes d’érosion qui risque de déranger la route. Mais la première étape était que l’Assemblée provinciale du Kasaï-Central et l’ACGT acceptent notre demande sur les érosions », a-t-il souligné.
Tout en saluant la réaction des services techniques, Stéphane Muanda Malombo a plaidé pour une prise en charge rapide de ces foyers d’érosion, afin d’éviter qu’ils ne compromettent les investissements consentis dans la construction de cette infrastructure.
Cette préoccupation met en évidence un enjeu essentiel : au-delà de la réalisation physique de la route, sa protection contre les phénomènes naturels demeure indispensable pour garantir sa longévité.
Félix Tshisekedi et l’ACGT salués par les élus
De son côté, Bob Kayombo, député provincial élu de Kazumba, a tenu à saluer l’engagement du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans la réalisation de cette infrastructure.
Pour cet élu, les conditions actuelles de déplacement témoignent déjà d’un changement significatif par rapport aux difficultés rencontrées par les usagers il y a encore quelques années.
« Il y a deux ou trois ans, c’était difficile de faire 80 kilomètres par jour, mais aujourd’hui, nous avons fait une heure seulement, nous venons d’arriver au village Kalenga », a-t-il déclaré.
Il a également exprimé sa reconnaissance envers l’ACGT pour la qualité du travail présenté et pour avoir pris en considération les préoccupations soulevées par les élus provinciaux au sujet des érosions.
Dans la même dynamique, Zacharie Bababaswe, élu de Demba, a également rendu hommage au chef de l’État, estimant que son implication avait joué un rôle déterminant dans la concrétisation de cette route longtemps attendue par les habitants du Kasaï-Central.
Sept élus mobilisés autour d’un projet structurant
Cette mission de terrain a réuni sept députés provinciaux issus de différentes circonscriptions électorales de la province :
- Stéphane Muanda Malombo, élu de Luiza ;
- Voltaire Tshibuabua, élu de Kazumba ;
- Joseph Kangoyi, élu de Kazumba ;
- Bob Kayombo, élu de Kazumba ;
- Joseph Nkashama Kayombo, élu de la ville de Kananga ;
- Anaclet Mayaya, élu de Dibaya ;
- Zacharie Bababaswe, élu de Demba.
À travers cette descente, les élus provinciaux entendent assurer le suivi d’un projet dont les retombées dépassent largement le seul secteur des transports.
En effet, la route Kananga-Kalamba Mbuji représente un enjeu économique et social majeur pour le Kasaï-Central. Son amélioration est susceptible de faciliter les échanges commerciaux, de réduire les contraintes liées au transport des marchandises et des personnes, mais aussi de renforcer les perspectives d’ouverture de la province vers la frontière angolaise.
Toutefois, les attentes restent importantes. Pour les populations bénéficiaires, le véritable succès de ce projet ne se mesurera pas uniquement à la progression des travaux, mais également à la capacité des autorités et des entreprises concernées à livrer une infrastructure durable, sécurisée et capable de résister aux contraintes environnementales.
La visite du 6 novembre aura ainsi permis de constater des avancées encourageantes, tout en rappelant que la lutte contre les érosions constitue désormais l’un des défis majeurs pour assurer l’avenir de cette route stratégique.
Par Gilbert KABONGO