
Le débat sur les réformes constitutionnelles refait surface en République démocratique du Congo.
Alors que les critiques se multiplient autour du fonctionnement des institutions provinciales, Rossy Kiwa, initiateur et porte-parole du Front pour la 4ᵉ République, appelle à une refonte profonde de l’organisation institutionnelle du pays.Dans une déclaration aux accents réformateurs, Rossy Kiwa estime que les Assemblées provinciales sont devenues des structures « lourdes, coûteuses et inefficaces », incapables d’apporter des solutions concrètes aux difficultés quotidiennes des populations.Pour lui, la situation actuelle de Kinshasa, marquée notamment par une insalubrité grandissante, illustre l’échec du système de gouvernance provinciale mis en place par la Constitution de 2006.
« Même le Président de la République a dénoncé l’état d’insalubrité de Kinshasa. Cela prouve clairement que plusieurs institutions provinciales ne remplissent plus leur mission », affirme-t-il.
Le Front pour la 4ᵉ République propose ainsi une réforme constitutionnelle majeure basée sur deux axes principaux : la suppression des Assemblées provinciales et la nomination des gouverneurs de province par le Président de la République.Selon Rossy Kiwa, cette réforme permettrait de réduire considérablement les dépenses publiques liées au fonctionnement des institutions provinciales, souvent accusées d’engloutir des budgets importants sans résultats visibles pour la population.
Il estime également que la nomination des gouverneurs par le Chef de l’État renforcerait l’autorité de l’État central et garantirait une meilleure stabilité dans la gestion des provinces.> « Aujourd’hui, les conflits permanents entre gouverneurs et Assemblées provinciales paralysent le fonctionnement des provinces. Nous avons besoin d’un système plus efficace, plus discipliné et orienté vers les résultats », soutient-il.
Cette prise de position intervient dans un contexte politique marqué par de nombreuses discussions autour d’une éventuelle révision constitutionnelle en RDC. Plusieurs acteurs politiques et sociaux dénoncent les limites du système actuel, notamment la multiplication des crises institutionnelles dans les provinces.Toutefois, les propositions du Front pour la 4ᵉ République risquent de susciter un important débat politique.
Certains défenseurs de la décentralisation pourraient y voir une volonté de recentralisation du pouvoir au profit de l’exécutif national.Mais pour Rossy Kiwa, la priorité reste l’efficacité de l’État et l’amélioration des conditions de vie des Congolais.
« Le pays doit sortir des querelles politiques permanentes et construire des institutions capables de répondre réellement aux attentes de la population », conclut-il.Avec cette sortie médiatique, le Front pour la 4ᵉ République entend désormais s’imposer dans le débat national sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo.
joseph Malaba