
Kinshasa, 8 juin 2026 – Le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a vivement réagi à l’annonce d’une éventuelle plainte de l’opposition contre le président Félix Tshisekedi. Dans une déclaration rendue publique ce lundi, le membre du gouvernement a estimé que cette démarche serait inappropriée au regard du contexte sécuritaire que traverse actuellement le pays.
Selon Jean-Pierre Lihau, les priorités nationales devraient être orientées vers la situation dans l’est de la République démocratique du Congo, où l’insécurité continue de préoccuper les autorités et les populations. Le vice-Premier ministre considère que les efforts politiques et judiciaires devraient davantage se concentrer sur les acteurs qu’il juge responsables de l’agression et de l’instabilité dans cette partie du territoire national.« La seule vraie plainte valant aujourd’hui la peine d’être déposée, c’est celle contre l’agresseur Paul Kagame », a notamment déclaré le responsable gouvernemental, estimant que les actions attribuées au Rwanda constituent la principale menace à laquelle le pays est confronté.Poursuivant son argumentation, Jean-Pierre Lihau a comparé la situation actuelle du pays à celle d’un avion traversant une zone de fortes turbulences.
Selon lui, engager une procédure contre le chef de l’État dans un tel contexte reviendrait à fragiliser davantage les institutions nationales au moment où l’unité du pays est particulièrement sollicitée.Le vice-Premier ministre a également averti que l’opposition risquerait, selon son analyse, de perdre en crédibilité auprès de l’opinion publique si elle poursuivait cette initiative. Il estime que les préoccupations de la population sont davantage tournées vers la sécurité, la paix et la défense de l’intégrité territoriale que vers les confrontations politiques internes.
Ces déclarations interviennent dans un climat politique marqué par des divergences croissantes entre la majorité au pouvoir et plusieurs figures de l’opposition. Les débats portent notamment sur la gouvernance du pays, la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est ainsi que sur les mécanismes institutionnels susceptibles d’être utilisés pour exprimer les désaccords politiques.À ce stade, les responsables de l’opposition n’ont pas encore réagi officiellement aux propos du vice-Premier ministre.
Les échanges entre les différentes forces politiques devraient toutefois se poursuivre dans les prochains jours, alors que le contexte national demeure dominé par les enjeux sécuritaires et les discussions autour de l’avenir politique du pays.Dans un environnement marqué par de multiples défis, plusieurs observateurs appellent les acteurs politiques à privilégier le dialogue républicain et les mécanismes démocratiques afin de préserver la stabilité des institutions et l’intérêt supérieur de la nation.
redaction/Kinshasa