Révision constitutionnelle en RDC : le Professeur Noël Tiani conteste la position de la CENCO et défend un changement de la Loi fondamentale

Après la déclaration des évêques estimant qu’il n’existe « ni nécessité, ni urgence, ni opportunité » de changer la Constitution, le professeur Noël Tiani monte au créneau et appelle à poursuivre les réformes institutionnelles.

La polémique autour d’un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo continue d’alimenter le débat public. Au lendemain de la prise de position de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), le professeur Noël Tiani a vivement réagi, contestant l’analyse des évêques catholiques.Dans une déclaration rendue publique, le professeur estime que la CENCO aurait, selon lui, une mauvaise lecture des enjeux liés à une réforme constitutionnelle.

Il affirme que le changement de la Constitution présente plusieurs avantages, notamment en matière de protection de la souveraineté nationale, de préservation de l’intégrité territoriale et de clarification des conditions d’accès aux fonctions publiques.« La CENCO ne voit ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité de changer la Constitution. À mon humble avis, elle a tort », a déclaré Noël Tiani, avant d’annoncer qu’il présentera prochainement en détail les arguments favorables à cette réforme.Pour lui, une nouvelle Constitution pourrait également permettre de revoir l’organisation de l’appareil de l’État, avec pour objectif de réduire certaines dépenses publiques et de dégager davantage de ressources destinées aux projets de reconstruction, à la création d’emplois et à la lutte contre la pauvreté.Le professeur a également critiqué l’implication de la CENCO dans ce débat politique, estimant que les institutions religieuses ne devraient pas se substituer aux pouvoirs publics dans la définition des politiques nationales.

Selon lui, l’État doit prendre en compte les avis de différentes composantes de la société, tout en gardant la responsabilité finale des choix liés aux réformes du pays.Abordant la question de la nationalité d’origine et des critères d’accès à certaines fonctions publiques, Noël Tiani soutient que certaines propositions, notamment celle liée aux conditions de filiation congolaise d’origine, répondraient aux préoccupations d’une partie de la population.Cette sortie intervient dans un contexte où le débat sur l’avenir de la Constitution congolaise divise la classe politique, les organisations de la société civile et les différentes confessions religieuses. Alors que certains acteurs appellent à la prudence et au consensus national, d’autres défendent la nécessité d’adapter le cadre institutionnel aux réalités actuelles du pays.

Gilbert Kabongo

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