MIBA : la détresse des travailleurs atteint un niveau critique, une marche de protestation annoncée le 14 juillet à Mbujimayi

La situation sociale au sein de la Minière de Bakwanga (MIBA) continue de se détériorer dans la province du Kasaï-Oriental. Face à l’aggravation des conditions de vie des agents et à l’absence de solutions concrètes, les travailleurs prévoient d’organiser une marche pacifique le 14 juillet 2026 à Mbujimayi afin d’alerter les autorités sur l’urgence de sauver cette entreprise publique autrefois considérée comme le pilier économique de la région.

Selon plusieurs témoignages rapportés par les travailleurs, la crise a pris une tournure particulièrement dramatique ces derniers jours. En l’espace de 48 heures, quatre agents de la MIBA ont perdu la vie. Leurs collègues attribuent ces décès aux conditions de vie extrêmement précaires auxquelles ils sont confrontés depuis de nombreuses années, notamment en raison de l’absence de rémunération régulière et des difficultés d’accès aux soins de santé.

La principale revendication des travailleurs demeure le paiement de leurs salaires. La MIBA accumule aujourd’hui plus de 200 mois d’arriérés, une situation exceptionnelle qui plonge des milliers de familles dans une profonde précarité. Pour de nombreux employés, cette longue attente a entraîné l’endettement, la déscolarisation des enfants, des problèmes de santé et une perte considérable du pouvoir d’achat.À cette crise sociale s’ajoutent des difficultés de gouvernance.

Les tensions persistantes entre le Directeur général et le Président du Conseil d’administration sont régulièrement citées comme un facteur qui freine la mise en œuvre des réformes indispensables au redressement de l’entreprise. Cette situation entretient un climat d’incertitude et complique davantage les efforts de relance.Par ailleurs, plusieurs plans de redressement élaborés et transmis aux autorités nationales n’ont toujours pas connu d’application concrète.

Cette absence de décisions alimente le sentiment d’abandon ressenti par les travailleurs, qui estiment que l’avenir de la société reste suspendu à des promesses non suivies d’effets.Les agents rappellent également l’annonce faite par le Président de la République lors de son passage à Bonzola, évoquant un appui financier de 50 millions de dollars américains destiné à soutenir la relance de la MIBA.

À ce jour, selon les travailleurs, ces fonds n’ont toujours pas été décaissés, ce qui nourrit de nombreuses interrogations sur l’évolution de ce dossier.Face à cette situation, la marche annoncée pour le 14 juillet se veut un appel aux autorités nationales afin qu’elles prennent des mesures urgentes pour préserver la MIBA, garantir les droits des travailleurs et redonner à cette entreprise stratégique les moyens de retrouver sa place dans le développement économique du Kasaï-Oriental et de la République démocratique du Congo.

Les organisateurs espèrent que cette mobilisation permettra d’accélérer les décisions attendues depuis plusieurs années et d’ouvrir un véritable dialogue en faveur de la relance de la société et de l’amélioration des conditions de vie de ses travailleurs.

REDACTION

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