
Kinshasa, 9 juillet 2026 – Le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, a réaffirmé son engagement en faveur du renforcement de la décentralisation en République démocratique du Congo. Intervenant jeudi lors de la troisième journée des travaux de la Conférence des présidents des Assemblées provinciales de la RDC (COPAP 2026), il a annoncé sa volonté d’instaurer un cadre permanent de concertation entre le Sénat et les Assemblées provinciales, afin d’améliorer la gouvernance territoriale et de consolider les institutions provinciales.

S’adressant aux présidents des Assemblées provinciales venus des différentes provinces du pays, le président de la Chambre haute a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de dialogue entre les institutions nationales et provinciales. Selon lui, cette concertation permanente permettra de mieux prendre en compte les préoccupations des provinces dans l’élaboration et le suivi des politiques publiques.
Vers une reconnaissance constitutionnelle de la COPAP
Dans son intervention, Jean-Michel Sama Lukonde a rappelé qu’en novembre 2021, une rencontre organisée en application de l’article 61 de la loi n°08/012 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces avait recommandé la création d’un espace permanent de dialogue entre le Sénat et les Assemblées provinciales.
Toutefois, il a estimé que ce mécanisme demeure insuffisamment protégé, puisqu’il repose uniquement sur une base légale.«« Ce mécanisme existe au niveau de la loi, mais il n’est pas consacré par la Constitution. Pour lui donner davantage de force et de stabilité, il serait souhaitable qu’il soit inscrit dans la Constitution », a déclaré le président du Sénat.»À cet effet, il a plaidé pour que la Conférence des présidents des Assemblées provinciales bénéficie d’une reconnaissance constitutionnelle, au même titre que la Conférence des gouverneurs.
Selon lui, cette réforme permettrait de garantir la pérennité de cette plateforme d’échanges et d’assurer une meilleure coordination entre les institutions nationales et provinciales.Le Sénat, partenaire naturel des provincesJean-Michel Sama Lukonde a rappelé que le Sénat est constitutionnellement la chambre représentant les provinces, ce qui justifie l’existence d’un dialogue permanent avec les Assemblées provinciales.«« Les sénateurs sont les représentants des provinces. Il est donc naturel qu’un mécanisme permanent de dialogue existe entre le Sénat et les Assemblées provinciales », a-t-il souligné.»Profitant de cette tribune, il a adressé un hommage particulier à l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga, qui l’avait élu sénateur, saluant ainsi la confiance placée en sa personne.
La question du financement au cœur des préoccupations
Le président du Sénat a également consacré une large partie de son intervention aux difficultés financières auxquelles sont confrontées les provinces.Il a rappelé que les ressources constituent un facteur déterminant pour permettre aux élus provinciaux de remplir efficacement leurs missions au service des populations.« Les moyens constituent le nerf de la guerre », a-t-il affirmé, estimant que les Assemblées provinciales doivent disposer de ressources suffisantes pour répondre aux besoins des citoyens, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’éducation, de la santé, de l’emploi et du développement local.Cependant, il a regretté que les financements attendus du gouvernement central comme des exécutifs provinciaux ne soient pas toujours disponibles, une situation qui ralentit considérablement les actions des institutions provinciales.
Face à ce constat, Jean-Michel Sama Lukonde a appelé à une réflexion approfondie sur les mécanismes de financement des provinces afin de garantir une mise en œuvre effective des dispositions constitutionnelles relatives à la décentralisation.Un engagement du Sénat pour accompagner les provincesLe président de la Chambre haute a assuré que le Sénat poursuivra ses efforts afin de défendre les intérêts des provinces et d’apporter des solutions concrètes aux difficultés auxquelles elles font face.« Au Sénat, dans le cadre de notre mission constitutionnelle de représentation des provinces, nous ne ménageons aucun effort pour contribuer à résoudre ces difficultés », a-t-il déclaré.
Vingt ans après la Constitution, un appel à relancer la décentralisation
En conclusion, Jean-Michel Sama Lukonde a rappelé que la décentralisation avait été conçue pour rapprocher les institutions des citoyens et permettre aux autorités provinciales de mieux répondre aux besoins des communautés locales.Il a néanmoins reconnu que, près de vingt ans après l’entrée en vigueur de la Constitution de 2006, plusieurs obstacles continuent d’entraver la pleine réalisation de cette vision.
À travers son plaidoyer pour la constitutionnalisation de la COPAP, l’instauration d’un cadre permanent de concertation entre le Sénat et les Assemblées provinciales ainsi que l’amélioration du financement des provinces, le président du Sénat entend contribuer à renforcer la gouvernance territoriale et à donner un nouvel élan au processus de décentralisation en République démocratique du Congo.
Par la Rédaction Alertenews.cd