
La Coalition Article 64 (C64), regroupement de plusieurs figures de l’opposition congolaise, a clarifié les circonstances de la rencontre entre son présidium et le président burundais Évariste Ndayishimiye, actuel président en exercice de l’Union africaine.
Dans une mise au point rendue publique ce jeudi, la coalition affirme que cette audience est intervenue à l’initiative exclusive du chef de l’État burundais, à la suite de ses échanges avec le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi.
Selon la C64, cette rencontre ne constitue en aucun cas une ouverture à des négociations avec le pouvoir en place. La plateforme précise qu’elle est restée fidèle à sa ligne politique, consistant à rejeter tout dialogue tant que le président Félix Tshisekedi n’aura pas officiellement abandonné son projet de révision ou de changement de la Constitution.
Des conditions jugées non négociablesDans sa déclaration, la coalition rappelle que sa position demeure inchangée. Elle exige notamment :
Le renoncement public et définitif au projet de changement constitutionnel ;
La libération de tous les prisonniers politiques ;
L’arrêt des poursuites judiciaires qu’elle qualifie de politiquement motivées contre les opposants et les acteurs de la société civile.
Pour les responsables de la C64, ces préalables sont indispensables avant toute discussion susceptible d’engager l’avenir politique du pays.Une mobilisation annoncée pour le 22 juilletDans le même communiqué, la Coalition Article 64 lance un appel à une participation massive à une marche pacifique prévue le 22 juillet, avec comme destination le Palais de la Nation à Kinshasa.
Les organisateurs expliquent que cette manifestation vise à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une violation du serment constitutionnel par le président Félix Tshisekedi.
À travers cette mobilisation, la coalition entend réaffirmer son opposition au projet de révision de la Constitution et maintenir la pression politique sur les institutions.
Un climat politique toujours sous tensionCette nouvelle prise de position intervient dans un contexte marqué par de vives tensions autour de l’avenir institutionnel de la RDC. Depuis plusieurs mois, le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle divise profondément la classe politique, opposant la majorité présidentielle et une partie importante de l’opposition.
Alors que le gouvernement défend la nécessité d’un débat démocratique sur les réformes institutionnelles, la Coalition Article 64 estime, de son côté, que toute modification de la Constitution représente une menace pour l’alternance démocratique et l’État de droit.
La marche du 22 juillet pourrait ainsi constituer un nouveau test de la capacité de mobilisation de l’opposition, dans un contexte où les enjeux politiques restent particulièrement sensibles à l’approche des prochaines échéances nationales.
REDACTION