
Kinshasa, 16 juillet 2026 – La tension est montée ce jeudi devant l’Hôtel du Gouvernement à Kinshasa, où des médecins venus revendiquer leur alignement à la prime de risque ont été violemment dispersés par les forces de l’ordre. Des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent plusieurs praticiens molestés et aspergés d’eau par des policiers alors qu’ils tentaient de faire entendre leurs revendications.
Selon plusieurs témoignages, les médecins avaient organisé un sit-in pacifique afin d’interpeller le Gouvernement sur le non-alignement de nombreux professionnels de santé à la prime de risque, une revendication qu’ils jugent légitime au regard des sacrifices consentis dans l’exercice de leur profession.
Cependant, leur mouvement a rapidement été interrompu par l’intervention de la police.Les vidéos diffusées montrent des agents de l’ordre repoussant les manifestants, tandis que certains médecins sont bousculés et arrosés d’eau dans une tentative de dispersion. Cette intervention suscite de nombreuses interrogations sur le respect des libertés publiques et sur le traitement réservé aux professionnels de santé qui réclament l’amélioration de leurs conditions de travail.
Au-delà de l’incident, cette situation met en lumière le malaise persistant qui règne dans le secteur de la santé en République démocratique du Congo. Depuis plusieurs mois, les syndicats des médecins dénoncent les retards dans l’application des engagements pris par les autorités, notamment en ce qui concerne les primes, les salaires et les conditions d’exercice dans les structures sanitaires publiques.
L’événement ravive également le débat sur la réaction de l’opinion publique face aux atteintes à la dignité humaine. Il y a quelques mois, l’affaire impliquant le Dr David Balanganayi avait suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux, générant une vague de commentaires et de prises de position.
Cette fois-ci, malgré les images montrant des médecins traités avec brutalité alors qu’ils revendiquent leurs droits, les réactions apparaissent beaucoup plus limitées.Ce contraste alimente les critiques de nombreux observateurs, qui estiment qu’une société attachée aux principes de justice et de respect des droits humains devrait condamner avec la même fermeté toute forme d’humiliation, qu’elle vise un patient, un médecin ou tout autre citoyen.
Pour eux, défendre la dignité des professionnels de santé revient également à défendre le droit de la population à bénéficier d’un système sanitaire respectueux et performant.Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’avait été faite par les autorités gouvernementales ou policières pour expliquer les circonstances de cette intervention.
Les médecins, de leur côté, continuent d’exiger l’ouverture d’un dialogue sérieux avec le Gouvernement afin d’obtenir la régularisation de leur situation et l’application des engagements relatifs à la prime de risque.
Cet incident risque d’accentuer le climat de méfiance entre les professionnels de santé et les pouvoirs publics, dans un contexte où le système sanitaire congolais demeure confronté à de nombreux défis nécessitant davantage de concertation que de confrontation.
redaction