
Alors que les Nations unies viennent de renforcer leur régime de sanctions contre plusieurs responsables de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), les réactions se multiplient en République démocratique du Congo. À Kinshasa, Jeff Kayembe, fédéral de la plateforme politique Horizon pour le district de la Funa, estime que ces mesures, bien qu’importantes sur le plan diplomatique, ne suffisent plus à répondre à la gravité de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.Selon lui, le temps des simples condamnations et des sanctions est dépassé.
Face à la poursuite des affrontements, aux déplacements massifs des populations et aux souffrances des civils, la communauté internationale est appelée à privilégier des actions plus concrètes et plus efficaces.> « Nous ne sommes plus au stade des sanctions, mais de l’action.
Dans le passé, plusieurs responsables ont déjà été sanctionnés, mais cela n’a pratiquement rien changé sur le terrain. Il faut désormais réfléchir autrement et prendre des mesures plus efficaces pour contraindre les rebelles du M23 à quitter l’Est de la République démocratique du Congo », a déclaré Jeff Kayembe.
Pour ce responsable politique, les sanctions financières et diplomatiques constituent un signal fort, mais elles n’ont pas permis jusqu’à présent de modifier durablement la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Il estime qu’une réponse internationale plus ferme est désormais indispensable afin de mettre un terme aux activités des groupes armés qui continuent de déstabiliser la région.
Les nouvelles sanctions décidées par le Conseil de sécurité des Nations unies visent notamment Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), ainsi que d’autres responsables liés au mouvement.
Elles comprennent le gel des avoirs, l’interdiction de voyager et le maintien de l’embargo sur les armes à l’encontre des personnes inscrites sur la liste des sanctions.
Ces mesures viennent renforcer un dispositif déjà appliqué depuis plusieurs années contre plusieurs dirigeants du M23 et d’autres groupes armés opérant dans l’Est de la RDC. Toutefois, malgré ces décisions successives, les violences se poursuivent, les populations civiles restent exposées aux attaques et des milliers de familles continuent d’être contraintes de fuir leurs villages.
Jeff Kayembe considère que cette situation démontre les limites des sanctions lorsqu’elles ne sont pas accompagnées de mécanismes capables d’en assurer l’application effective et de produire un impact concret sur le terrain.
Il appelle ainsi les partenaires de la RDC à intensifier leurs efforts afin de soutenir des initiatives susceptibles de restaurer durablement la paix et l’autorité de l’État dans les zones affectées par les conflits.Au-delà de la dimension sécuritaire, le fédéral d’Horizon souligne que la stabilité de l’Est du pays demeure une condition essentielle pour le développement économique, le retour des déplacés et la relance des activités sociales dans cette partie de la République.
Face à une crise qui perdure depuis plusieurs années, Jeff Kayembe plaide enfin pour une mobilisation accrue de la communauté internationale, estimant que seule une combinaison d’actions diplomatiques, sécuritaires et politiques permettra de mettre définitivement fin aux violences et d’ouvrir la voie à une paix durable en République démocratique du Congo.
Rédaction : Marie Christophe Kabunda