profanation à kasumbalesa : Le cimetière Ciwaya envahi, la mémoire des morts pietinée.

À l’occasion de la Journée des morts, un constat alarmant s’impose à Kasumbalesa. Le cimetière de Tshiwaya, principal lieu de repos des défunts de la ville, est progressivement envahi par des constructions anarchiques. Là où reposaient autrefois des centaines de disparus, des habitations se dressent désormais, effaçant peu à peu les traces de la mémoire collective.

Cette situation suscite une vive indignation au sein de la population. Plusieurs familles dénoncent ce qu’elles qualifient de véritable profanation d’un lieu sacré. Des tombes auraient été détruites, d’autres ensevelies sous des fondations, tandis que certaines concessions funéraires seraient aujourd’hui méconnaissables.

Pour de nombreux habitants, cette occupation illégale constitue une grave atteinte à la dignité des défunts et au respect dû aux familles. Ils estiment que le silence des autorités face à cette réalité encourage davantage l’anarchie foncière et l’effacement progressif du patrimoine funéraire de Kasumbalesa.Les regards se tournent particulièrement vers l’Hôtel de Ville.

Depuis son arrivée à la tête de la municipalité, le maire André Kapampa avait annoncé sa volonté de lutter contre les occupations irrégulières et de protéger les espaces publics. Pourtant, dans le dossier du cimetière de Tshiwaya, les résultats demeurent largement insuffisants. Malgré les alertes répétées des citoyens et de la société civile, aucune action visible n’a permis d’arrêter l’avancée des constructions ni de restaurer l’intégrité de ce site.

Aux yeux de nombreux observateurs, les efforts annoncés par le maire André Kapampa restent sans effets concrets sur le terrain. L’occupation du cimetière se poursuit, alimentant le sentiment d’abandon et d’impuissance des familles concernées.Au-delà de la polémique, cette situation pose la question de la gouvernance foncière et de la protection des lieux de mémoire.

Un cimetière n’est pas un terrain ordinaire : il représente l’histoire d’une communauté, le souvenir de ceux qui l’ont précédée et un espace de recueillement qui mérite d’être préservé.

À l’occasion de cette Journée des morts, plusieurs citoyens appellent les autorités urbaines et provinciales à prendre des mesures urgentes : suspendre toute nouvelle construction dans l’enceinte du cimetière, identifier les responsables des occupations illégales, protéger les sépultures encore existantes et engager un vaste programme de réhabilitation du cimetière de Tshiwaya.

Pour de nombreuses familles de Kasumbalesa, le respect des morts est le reflet du respect accordé aux vivants. Elles espèrent que cette nouvelle alerte conduira enfin à des actions concrètes afin que le cimetière de Tshiwaya retrouve sa vocation première : être un lieu de repos, de mémoire et de dignité.

JOSEPH MALABA

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