
Kinshasa. Le Front pour la 4ᵉ République (F4R) hausse le ton dans le débat sur l’avenir politique et institutionnel de la République démocratique du Congo. À l’occasion d’un échange organisé lundi à Kinshasa, cette plateforme a réaffirmé qu’aucun dialogue politique ne pourra répondre durablement aux défis du pays sans l’organisation préalable d’un référendum constitutionnel ouvrant la voie au passage de la Troisième à la Quatrième République.

Prenant la parole devant un parterre composé de représentants de confessions religieuses, de chefs de rues, de chefs de quartiers de Kinshasa ainsi que d’acteurs de la société civile, Rossy Kiwa, initiateur et porte-parole du F4R, a estimé que les initiatives de dialogue évoquées ces derniers mois risquent de reproduire les erreurs du passé si elles ne s’attaquent pas aux causes profondes de la crise congolaise.

« Sans le référendum constitutionnel, le dialogue ne sera qu’une étape biaisée », a-t-il déclaré, soutenant que les différents dialogues organisés depuis plusieurs décennies n’ont pas permis d’apporter des solutions durables aux préoccupations des citoyens.Pour le Front pour la 4ᵉ République, la priorité n’est pas l’organisation d’un dialogue destiné à redistribuer les responsabilités politiques, mais la tenue d’un dialogue républicain capable de déboucher sur des réformes structurelles.
La plateforme insiste sur le fait que les futures concertations nationales doivent être guidées par l’intérêt général et non par les calculs politiques.Selon le mouvement, ce dialogue devrait s’articuler autour des préoccupations qui touchent directement les Congolais : la restauration de la paix et de la sécurité, particulièrement dans l’Est du pays, la relance de l’économie nationale, l’amélioration des conditions sociales de la population, la création d’emplois, le renforcement de l’État de droit ainsi que la réforme des institutions.
Le F4R estime que les difficultés sécuritaires, économiques et sociales que traverse la RDC traduisent les limites du système institutionnel actuel. C’est pourquoi il continue de défendre le passage effectif à une Quatrième République, estimant qu’une nouvelle architecture institutionnelle permettrait de moderniser la gouvernance, de renforcer la responsabilité des dirigeants et de répondre plus efficacement aux aspirations de la population.
Les organisateurs de la rencontre ont également appelé les différentes composantes de la nation à participer activement au débat sur l’avenir du pays. La présence de représentants des confessions religieuses, des structures de proximité et de la société civile visait, selon eux, à favoriser une réflexion inclusive sur les réformes à engager.À travers cette initiative, le Front pour la 4ᵉ République entend maintenir la question du référendum constitutionnel au cœur du débat national.
Pour ses responsables, une véritable stabilité politique ne pourra être obtenue qu’au prix d’une refondation des institutions, validée par le peuple souverain.Cette prise de position intervient dans un contexte où les discussions autour d’un éventuel dialogue politique continuent de susciter des réactions divergentes au sein de la classe politique congolaise.
Alors que certains y voient une voie de décrispation, le F4R considère qu’un dialogue sans réforme institutionnelle préalable risquerait de se limiter à un simple compromis politique, sans apporter de réponses durables aux défis sécuritaires, économiques et sociaux auxquels fait face la République démocratique du Congo.
JOSEPH MALABA