
LUSAKA, 13 août 2026 — Les Zambiens se rendent aux urnes ce jeudi 13 août 2026 pour une élection générale particulièrement scrutée, qui doit déterminer l’avenir politique du pays et décider du maintien ou non au pouvoir du président sortant, Hakainde Hichilema.
Au-delà de la présidentielle, les électeurs sont également appelés à renouveler leurs représentants au Parlement et dans les collectivités locales. Environ 8 millions d’électeurs inscrits participent à ce scrutin.Le scrutin intervient dans un contexte marqué par une compétition politique intense, mais aussi par des interrogations persistantes sur les effets concrets des réformes économiques engagées depuis l’arrivée au pouvoir de Hichilema en 2021.
Hichilema veut prolonger son expérience au pouvoir
À 64 ans, Hakainde Hichilema, candidat de l’United Party for National Development (UPND), sollicite un deuxième mandat. Arrivé au pouvoir en 2021 après avoir battu Edgar Lungu, il met notamment en avant la restructuration de la dette extérieure, les efforts de stabilisation macroéconomique et l’amélioration de l’environnement destiné aux investisseurs.
Son camp présente ces réformes comme les fondations d’une économie zambienne plus stable après plusieurs années de difficultés financières.Mais cette lecture ne fait pas l’unanimité.Pour une partie de la population, les indicateurs macroéconomiques restent difficiles à traduire en amélioration immédiate du quotidien.
Le coût des produits alimentaires, le chômage et les difficultés liées à l’approvisionnement en électricité demeurent parmi les préoccupations majeures des ménages.L’élection apparaît ainsi comme un véritable référendum sur le bilan économique de Hichilema : les électeurs privilégieront-ils la stabilité et la poursuite des réformes ou sanctionneront-ils un gouvernement dont les résultats sont jugés insuffisamment perceptibles dans la vie quotidienne ?
Brian Mundubile, principal visage de l’opposition
Face au président sortant, Brian Mundubile, 55 ans, porte les ambitions de l’opposition regroupée autour de l’alliance Tonse.Ancien parlementaire et ancien ministre sous Edgar Lungu, Mundubile a été choisi en janvier 2026 comme candidat présidentiel de la Tonse Alliance.
Il s’est progressivement imposé comme le principal challenger de Hichilema dans cette campagne.Sa candidature intervient toutefois dans une opposition profondément recomposée après la disparition d’Edgar Lungu en 2025. Les différentes composantes de l’ancien camp du Patriotic Front ont connu des divisions et des repositionnements, donnant naissance à plusieurs alliances et candidatures concurrentes.Malgré cette fragmentation, Mundubile entend capitaliser sur le mécontentement d’une partie de la population et proposer une alternative au pouvoir de l’UPND.
Le coût de la vie au cœur du scrutin
Derrière les discours politiques et les promesses électorales, une question domine les conversations : l’amélioration de l’économie zambienne profite-t-elle réellement aux ménages ?Le gouvernement revendique des avancées en matière de dette, de croissance et d’investissements. Mais pour de nombreux électeurs, les priorités sont beaucoup plus immédiates : pouvoir acheter les produits de première nécessité, disposer d’un emploi, bénéficier d’un approvisionnement régulier en électricité et améliorer les conditions de vie.Cette contradiction entre les performances économiques revendiquées par le pouvoir et le ressenti d’une partie de la population pourrait être déterminante dans les urnes.
Une jeunesse appelée à peser lourd
Autre particularité de cette présidentielle : le poids démographique de la jeunesse.La Zambie compte une population particulièrement jeune et une importante partie de l’électorat participe à une élection nationale pour la première fois. Cette génération pourrait jouer un rôle déterminant dans l’issue du scrutin, notamment sur les questions d’emploi, d’entrepreneuriat, d’éducation et de perspectives économiques.Pour les candidats, convaincre cette jeunesse représente donc un enjeu stratégique majeur.
Les libertés politiques également au centre des débats
La campagne n’a pas été uniquement dominée par les questions économiques.L’opposition accuse également le gouvernement Hichilema de réduire l’espace politique et de mettre sous pression certains acteurs politiques, journalistes et militants.
Le pouvoir, de son côté, défend son bilan et rejette les accusations formulées par ses adversaires.Ces tensions alimentent les interrogations sur la qualité du débat démocratique et sur les conditions dans lesquelles l’alternance politique pourrait intervenir.
Une élection aux conséquences régionales
Le scrutin zambien dépasse par ailleurs les frontières nationales.Pays voisin de la République démocratique du Congo, la Zambie joue un rôle important dans les échanges commerciaux régionaux, notamment à travers les corridors reliant les zones minières du sud de la RDC aux ports d’Afrique australe.
L’issue de la présidentielle sera donc suivie avec attention à Lubumbashi, Kasumbalesa et dans l’ensemble de l’espace économique régional, où les relations commerciales avec la Zambie occupent une place stratégique.Continuité ou alternance ?Au terme d’une campagne dominée par l’économie, le coût de la vie, la gouvernance et les libertés politiques, les électeurs zambiens doivent désormais trancher.
Hakainde Hichilema cherche à obtenir un second mandat pour poursuivre les réformes engagées depuis 2021. Brian Mundubile veut, lui, incarner l’alternative et transformer le mécontentement en vote de sanction.
Le scrutin de ce jeudi constitue ainsi un moment décisif pour la démocratie zambienne.La question centrale est désormais simple : les électeurs feront-ils le choix de la continuité avec Hichilema ou celui de l’alternance portée par Mundubile et l’opposition ?La Commission électorale de Zambie doit procéder au dépouillement et à la compilation des résultats après la fermeture des bureaux de vote. Les premiers résultats sont attendus dans les prochains jours.
Par la rédaction